1 WELLCOME INSTITUTE 1
LIBRARY
Coll.J welTROmec
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1 SSû
F3Sr
RECHERCHES CHIMIQUES SUR
LES QUINQUINAS
P. J. PELLETIER & J.B.CAVENTOU
Annales de Chimie et de Physique
1820, 15.
22200126848
•L-Q-h-i <v‘*
CHIMIE ET DE PHYSIQUE
Par MM
GAY-LUSSAC et Ali AG O.
tome quinzième.^
^ O
C-v ri*
■i
tA S
A PARIS,
Chez CROCHARD, Libraire, rue du Cloître Saiut-Beuoît ,
u° 16, près celle des Malliurins.
t Hîû,
( *89 )
On devra ensuite conclure qu’il en est de même pour
une courbure moins sensible ou tout*à*fait invisible*
On étendra d’ailleurs aisément cette explication au cas
où la courbure est compliquée et ne peut être renfermée
dans un plan. Une aiguille non aimantée donnerait des
phénomènes analogues.
- Je me suis arrêté sur ces derniers faits parce qu’ils
renferment toutes les circonstances nécessaires pour in¬
duire en erreur , et qu’ils pourraient peut-être expliquer
des phénomènes magnétiques annoncés par quelques
physiciens.
Recherches chimiques sur les Quinquinas .
• •• ' , 4 ’ » < ’ ■''? * ’’ * • * ’ J ' /. v - $ * '
Par MM. Pelletier et Càvewto^. "/
Lues à‘ l’Académie des Sciences le n septembre 1820.
V *
; Ier. A chaque époque de ces grandes décou-
vertes qui ont étendu la sphère de la science , les chi¬
mistes ont cru devoir reprendre quelques travaux de
leurs devanciers \ guidés par de nouvelles lumières , ils
sont arrivés souvent à des résultats qui avaient échappé
à des savans distingués qui s’étajent trouvés dans des cir¬
constances moins avantageuses.
Les quinquinas se trouvent placés à la tète de ces sub¬
stances qui sont comme périodiquement soumises à une
nouvelle investigation : il serait, en effet, difficile d’énu¬
mérer les travaux entrepris sur ces écorces , depuis I3uc>-
quel jusqu’à ceux dont M. Lauber a enrichi la science.
t. xv. *9
( )
Ou’il nous soit cependant permis de rappeler la grande
dissertation de Fourcroy , qui long-temps fut un modèle
d’analyse végétale. Citons aussi l’examen de dix-huit
espèces de quinquina , entrepris par M. Vauquehn, tra¬
vail remarquable par son étendue et par ses résultats,
puisque, dans ce Mémoire, M. Vauquelin a enrichi la
chimie végétale d’un acide nouveau ,la donné des ça-
rà'ctères certains pour reconnaître les quinquinas vérita¬
blement fébrifuges, et a fourni aux chimistes de nou¬
veaux moyens analytiques. Nous rappellerions encore un
Mémoire de M. llcuss, de Moscovv, si les travaux de
M. Gomès, de Lisbonne, ne réclamaient toute notre atten¬
tion : c’est à ce dernier chimiste qu’on doit la decouverte
d’un principe particulier dans le quinquina , principe
que nous avons reconnu être une base saliÜable orga¬
nique dont l’étude fera un des objets piincipaux de notre
Mémoire.
^ a. Maintenant, si nous étions obliges de donner les
raisons qui nous ont engagés à travailler sur les quin-
quiuas après tant de chimistes recommandables , nous
avourions que ce sont les considérations que nous ve¬
nons de présenter. Lq découverte des alcalis végétaux lait
époque dans la science -, elle explique une suite d'ano¬
malies qui se rencontraient dans 1 analyse végétale. Les
bases salifiables organiques ont des propriétés si particu¬
lières , elles sont si constamment la matière active des
végétaux qui les recèlent, qu’il était naturel de les re-
chercher dans les quinquinas: d’ailleurs, si la cincbonine,
découverte par M. Gomès dans le quinquina gris, est,
çomme l’assure ce médecin , la substance en vertu de
laquelle cette écorce agit sur l’économie animale , hieu
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in 2018 with funding from
Wellcome Library
https://archive.org/details/b30476525
I
( 2<)i j - ,
" . . j . I ■
que ce savant àssiirë quelle n’est ni ac ide ni alcaliqe ,
li’étai t-il pas nécessaire d’examiner s'il n’y avait pas
erreur dans la dernièie partie de Sa préparation ? Telles
sont les réflexions qui nous ont suggéré l’idée d’entre-
prendre de nouvelles recherches sur les quinquinas : une
fois entrés dans celte Carrière , nous avons poussé nos
travaux au-delà du but que nous noUs étions d’abord
proposé. Les propriétés que nous avons trouvées à la ci.n-
chonine se lient tellement à celles des autres substances
(ini l’accompagnent, (pie nous n’avons pu nous dispenser
* - f* > U
d’etudief toutes ces substances dans leur ensemble.
'fi * V*
§3- Ayant examiné plusieurs espèces de quinquina ,
nous trouverons dans l’énoncé de ces espèces les titres de^
serions qui doivent diviser ce Mémoire; l’histoire par-*
liculière des diflerens principes qu’ils recèlent doiinçriji
lieu à quelques chapitres. Nous allons nous occuper
d’abord de l’examen chimique. du quinquina gris {hina
* * ■ » , . » »' ^
loxa cinchona condamineu), généralement regardé epen-
me le type de ces diverses écorces*
- 1 . ■ J". . " . J '.JJ.
< ♦
Du Quinquina gris (cinchona condaminea).
§ 4* Notre premier but ayant été d’éxa miner lâ
tière cristallisable indiquée par M. Goraès dans le quîfli
quina gris, matière non) mée cinchonin par ceiautéir’
nous avons du chercher à nous la procurer *, à cèl eflVt^
nous avons suivi le procédé de M. Gomès , tel’ijii’i! esl
rapporté par M, Lauber, qui eti avait eu conïmunicàiloh
par l’entre/nsie de M. VaUquelin , ët tel qu’il1 èéïïetnté
dans le Traité cle Chiinié'd&Mi Thenàrd*. Nous' citerons
textuellement ce passage :
i
P ( 29* )
« Le procédé consiste a laver successivement avec de
» l’eau distillée l’extrait alcoolique de quinquina., et à
» séparer par ce lavage la substance rouge insoluble ,
» qu’il considère comme le principe extractif Il réunit
» et évapore à siccité les vapeurs aqueuses } il lave eq-,
» suite le second extrait avec de l’eau saturée de potasse,
j> qui entraîne, selon lui, le reste de l’extractif, et tout
« le cinchonin sur le papier employé à filtrer les lf-
» queurs. Enfin x il purifie ce cinchonin en lç faisant
» dissoudre dans de l’alcool -, et en le précipitant dq
» sa dissolution par de l’e^u distillée , il se réunit en
» petits cristaux, et il est parfaitement pur.. Ce pro-
» .cédé se réduit donc , en dernière analyse , à traiter
)> l’extrait alcoolique par l’eau et la potasse, en re-
» gardant comme extractif tout ce que l’eau n’a pas dis-
» sous , et tout ce qui a été dissous par la potasse. »
Nous remarquerons ici que la substance obtenue n’est
k , . . . • î <
pas entièrement pure, et quelle contient une matière
grasse. Cette matière n’en masque cependant pas entière¬
ment les caractères. On peut déjà s’apercevoir qu’elle
jouit des propriétés alcalines. Cette remarque n’a pas
échappé à la sagacité de M. Houtou- Labillardière ne¬
veu, Ce j|pne chimiste, préparant du cinchonin pour
Upe leçon de M. Thénard, fut frappé de l’analogie que la
cj.nçhppine avait aveç les alcalis végétaux déjà connus , ce
qvij^éiîjdt, conforme à nos observations : ses occupations
P^rlfpwl?ères ne lui ont point permis d’entreprendre un
$ur ce sujet, et Jui-même nous a. engagés à
cpnpnqe^ nos recherches, ;Nous n’çn devons pas moins
reçonnpjtr/î, ici la justesse de ses, observations.
i
-
'
(*93) ..
Procédé pour obtenir le Cinchonin .
§ 5. Voici la méihode que nous avons cru d’abord
devoir employer pour nous procurer la cinchonine à l’état
de purelé.
Nous avons traité à chaud 2 kilogrammes de quinquina
gris concassé par 6 kilogrammes d’alcool fort -, nous
avons répété quatre fois cette opération 5 les teintures
alcooliques ont été réunies et distillées pour retirer tout
l’alcool. Nous avons eu soin d’y ajouter 2 kilogrammes
d’eau distillée , afin que la matière dissoute dans l’alcool
fut garantie de l’action immédiate du calorique après la
séparation de l'alcool. Cette substance , reçue sur un filtre
qui donne passage à la liqueur aquensc , était d’une cou¬
leur rougeâtre , d’apparence résineuse -, dans cét état , elle
fut lavée sur le filtre même , avec*de l’eau légèrement al¬
calis ée par de la potasse. La liqueur qui était passée à
travers le filtre servit de première eau de lavage, après
avoir été préalablement alcalisée ; après plusieurs jourà
de lavage, les liqueurs alcalines passant limpides et Sans
couleur, la matière restée sur le filtre fut lavée avec une
masse assez considérable d’eau distillée,- elle était alors
d’un blanc verdâtre très-fusible , soluble dans l’alèool ,
et donnait des cristaux : c’était le cinchonin du doc¬
teur Gomès -/elle avait, dans cét état, quelques caractères
des substances résineuses -, mais, en la dissolvant dans un
‘acide très-étendu d’eau , elle abandonnait une quantité
considérable de matière grasse d’une couleur Verte qui
avait tous les caractères de la matière grasse vef te obte-
nue pour la première fois par M. Lauber, en faisant im¬
médiatement agir l’éther sulfurique sur le quinquina.
• iv * ' é
• » ( «*4 )'
V *
Nous remarquerons ici que si on employait un acide
trop concentré, une grande quantité de matière grasse
resterait en dissolution dans la liqueur, et; le cipclio-
nin qu’on en retirerait postérieurement s’en trouverait
souillé.
La liqueur aride (c’est l’acide hydro-çliloriquc que nous
employions) était d’un jaune doré. (Evaporée, elle donnait
des cristaux solubles dans l’alcool et dans l’eau. Sa saveur
était très-amère j elle précipitait abondamment p/ir les so¬
lutions alcalines., les gallates, les oxalates alcalins y lais*
saut des précipités solubles dans l’alcool , etc. Sans nous
arrêter davantage à ces propriétés , que nous ne pouvions
expliquer dans le moment , nous avons traité In dissor
Jutioo par de Ja magnésie bicu pure et à l’aide d’une lé¬
gère chaleur : le mélange a été alors jeté sur un filtre
après son entier refroidissement, et le précipité magné*
sien a été lavé avec de l’eau. Les premières eaux die lavage
étaient jaunes ; elles ont ûui par être incolores. Le pré*-
cipité magnésien , suffisamment lavé et desséché au bain-
marie , a été traité à trois reprises par de l’alcool 4
4 oV Les liqueurs alcooliques , très-amères , légèrement
jaunâtres , ont donné, par évaporation , des cristaux cq
aiguilles d’un blanc sale. Ces cristaux, redis$qus dans de
l’alcool, et remis à cristalliser, ont dapuétune malièvp
cristalline très-blanche et brillante. Dn peut aussi obteuif
des cristaux très- blancs en les lavant à froid avec un peq
d’éther sulfurique. Ces .cristaux sont de la cinchonino
très-puLrç. '
Pour conserver l’hannonie de la nomenclature , il fait
lait changer le nom de ci/ichonin en celui de cinçhoniuc,
• • j » ' * • 1 i r
puisque les Lises salifiablcs organiques déjà connues put
1
)
v . t
( 295 )
# • 1 '
une terminaison de ce gem% : par respect pour les droits
de M. Gomès ,. nous n’avions pas fait ce changement
lors de la lecture de notre Mémoire a l'Académie *, mais
MM. Vauquelin , Thénard et Déyeux , commissaires de
cette société , ont passé par-dessus cette coi/ sidération.
De la Cinchonine.
- ■ .• . .n.» i *
§ 6. La cinchonine obtenue par évaporation Iciitede
la solution alcoolique, se présente eu aiguilles jpiisjnar»
tiques déliées , dont on ne peut déterminer 1^ formai /crifir
talline. Par évaporation plus rapide, elle se dépose eu
plaques blanches translucides ,, cristallines , réfractant la
lumière.
La cinchonine est très-peu soluble dans l’eau 5 elle de¬
mande deux mille cinq cents fois son poids d’eau bouillante
pour se dissoudre: par le refroidissement, laliqueur devient
légèrement opaline , ce qui prouve que la, çtnchonine
est encore moins soluble à froid.
La ciucbonine a une saveur .amère particulière, j mai#
cette saveur est longue à se développer , et a p,eud’jolpu-
site en raison de l’insolubilité de cette substance ; elle
se développe dans la cinchonine rendue soluble par son
union avec les acides; elfe est alors très-amère, #typ?
tique et persistante, eu toqt semblable à celle d’une
forte décoction de quinquina , à cela près qu’elle est
moins astringente, l’astringence du quinquina étant par¬
ticulièrement due à un autre principe. La cinchonine ,
exposée à l’air, ne s’altère pas : cependant, à la longue,
elle absorbe de l’acide carbonique, et quand qq Ja dis¬
sout dans une liqueur aci.de , elle produit uuç légère
effervescence.
I
. ( b£|6 )
>■ Exposée à l’action du calorique dans des vaisseaux le**
més , elle ne se fond pas avatjt de se décomposer. Le*
produits quelle fournit paï la distillation à feu nu stuu
ceux que produisent en général les matières végétait’*
non azotées ; distillée avec de l’oxide de cuivre dan* m\
appareil convenable, elle ne fournit que de l’eau et de
l’acide carbonique. Elle est donc composée d’oxigène ,
d’hydrogène et 4e carbone en certain rapport , et l’azottj
n’eutre pas dans sa composition : brûlée par le nitram
d’ammoniaque , elle ne laisse aucune trace de matière*
minérales , alcalines ou terreuses.
La cinchonine est très-soluble dans l’alcool , surtout
à l’aide de la chaleur ; une solution alcoolique , saturée a
la température de l’ébullition , cristallise par le refroidi*»
sement ; les solutions alcooliques de la cinchonine *om
très -amères , ce qui prouve encore que le peu d’amer-*
tume de la cinchonine pure provient de sop insolubilité.
La cinchonine se dissout dans l’éther : cependant tdl©
y est beaucoup moins soluble que dans l’alcool , surtout
à froid ; elle se dissout aussi , quoiqu’on très-petit*
Quantité , , dans .les huiles fixes ou volatiles, du moiu*
dans l’huile de térébenthine. Ces dissolutions sont amè*
rcs. L’huile de térébenthine , saturée de cinchonine à
une température élevée , l’abandonne en grande partie,
sous forme cristalline, par le refroidissement relie ne se
dépose pas de ses dissolutions dans les huiles fixes.
§ 7. Nous allons maintenant considérer la cinchonine
sous le point de vue de l’alcalinité que nous lui avoiu
reconnue. La cinchonine ramène au bleu le tournesol
rougi par un acide *, elle s’unit à tous les acides, et parait
former des combinaisons neutres et sans aucune action
,
( a97 ')
» ►
*ur l« tournesol, avec les acides minéraux les plus éner¬
gique*. Ces combinaisons se présentent sous des aspects
éitléreus, et ont des proportions constantes. Nous parle-2
py »)5 de chacune en particulier. ' *
• #
La cinchoniue ne s’unit pas aux corps combustibles j
ui à celles de leurs combinaisons avec l’oxigène qui
uc sont pas acides. Lorsqu’on traite dè la cincbonine
par de l’iode avec l’intermède de l’eau , l’iode est changé
en acide iodique et hydriodique , qui restent combinés
jvec la cinchonine à l’état de sel neutre. Tant que les li-
queurs sont chaudes , elles restent transparentes $ mais ,
par le refroidissement , il se précipite une poudre blanche
qui est un mélange d’iodate pt d’bydrjodate de cin-
chonine , puisqu’on versant dessus de l’ajcidp sulfurique ,
il sti fait sur-le-champ un dégagement d’iode très-mar¬
qué. Ce mode d’action de l’iode sur une substance végé¬
tale soupçonnée alcaline nous paraît' une des preuves les
plus fortes à dorme? en faveur de l’o^isjionce réelle de
l’alcalinité i il peut faire distinguer le$ aiçalja yégéjau*
Jp quelques autrq$ $HMnnces ' qu’on. ppurraU rega rdejç
çoinme alcalines, eu ;rie considérant que la propriété
quelles pourraient avoir de s, e dissoudre dans les açides»
Liïs alcalis qui ne forment que des spU arid-es doivent *
cntre.autres épreuves , être soumis à celle-ci. ,\iiZ
v x J , 1 *
. ' )\<
Du Sulfate de çinçhpftim
' ’ t f( f . ' i
£ 8. L’acide sulfupique s’unit à la cincbonine, et forme
avec cette base un sel neutre très-soluble. Ce sel peut
l’obtenir facilement cristallisé : les cristaux paraissent
être dos prismes à quatre pans , dont deux plus larges j
( *98 )
ils sont terminés par pua. face inclinée. Ces cristaux ,
quelquefois très-déliés, se réunissent, ordinairement en
faisceaux : ils sont un peu luisans, llexibles, etleur saveur
esj très-amère. Ce sel est soluble dans l’alcool -, il ne se
dissout pas dans l’éther. Exposé à l'action de la clia-
r]eur, il se fond comme de la cire à. une température peu
supérieure à, celle de l’eau bouillant^ Un degré de cha¬
leur plus élcy ée Je décompose.
"Nous l’avons soumis à l’analyse d’après la méthode
que, nous avons avons exposée dans notre Mémoire sur
la Strychnine , et en employant toutes les précautions
nécessaires , il nous a donné les résultats suivans :
Cinchonine j ' "100; -
. * “ 1 Acide sulfurique , i3,oaio;
• i .Qu J . ■ t ; / ' o'f *»»>•• ••**01 ù.; ^ î * » ,
Acide sulfurique , 100 j » .
Cinchonine , 768,0646.
Si, d’après cette analyse , nous calculons le poids de
la molécule dé cinchonine , nous trouverons qu’il est
»
de 38,488 , le poids de la’moléculë d’oxigène étant pris
pour unité. Nous rappellerons ici 'que M. Thomson,
ayant calculé' le poids de la molécule des alcalis orga¬
niques découverts à cette époque , a trouvé les nombres
t
suivans : - * '
Morphine , /[Oyi5o ;
» ^ , ,
Picrotoxine, " 4^»000 i
Strychnine , ;
â.» f . . > . < - . . * ' : ' * ' i
Drucine , 5i,5oo.
’j > a % 1 > 1 ‘ • * ; • k ? » J • *
Il résulterait de ces considérations que la cinchonine
serait l’alcali qui aurait le plus de capacité, puis vien-î
'
C *99 )
f j \
■draient la morphine et le picrotoxine. N$us observeront
cependant que si le poids de la molécule de picrotoxînè
a été calculé d’après • l'analyse de sou sulfate, ce sel
étant toujours avec excès d’acide, son nombre' propor-
tionhel est peut-être un peu trop faible. En général, il
est difficile d’établir d’une manière rigoureuse le nombre
proportionnel des alcalis qui saturent imparfaitement les
.acides : c’est ce qui fajl que, .dans notre Mémoire sur
J’analyse des plantes dp la famille des colchiques y nous
n’avons pas cru devoir donner celui de La vératrine.
L’acide sulfurique ne paraît pas former avec la ciuchor
nine de sur-.sel ; les cristaux obtenus d’une solution de
einchoninc dans un excès d’acide sulfurique ne diffé¬
raient pas sensiblement de ceux obtenus d’une solution
neutre ; ils pouvaient d’ailleurs être dépouillés de leur
excès d’acide par des cristallisations subséquentes/ *
; , ; v V - « . » ■ ’ ■.
De V Hydre chlorate de einchoninc,
* ! 5 . f * 5 1 ^ H * » . i * i. < • (J 4
§9. L’acide hydroclilorique forme avec la cincho^
jiiue un sel neutre et très-soluble. Ce sel peut cepeu*
danl cristalliser; ses cristaux se présentent en aiguilles
réunies : il est impossible d’en déterminer exactement
la forme. L’hydrochloraie de cinchouine est soluble
dans l’alcool; l’éther sulfurique n’en dissout que des
traces. Il se fond à une température inférieure à celle de
beau bouillante, et; par conséquent moins forte que
/celle à laquelle le sulfate de cinçhonine entre en fusion.
L’hydrochlorate de cinchonUie est composé, d’après
Ja moyenne de plusieurs analyses , de :
Cinçhonine, 100;
Acide hydrochlorique , • 9,o35.
• — .
.
( 3oo )
D'un autre côté , si nous calculons l’analyse de l'hydre-
chlorate en faisant usage du nombre équivalent de eii»-
çhouine trouvée par ^analyse du sulfate, nous aurou»;
\ ' . ■ * ‘ • •;'**'* « .
Cinchonine, 1005
Acide hydrochlorique , 8,901-,
quantités très-rapprochées de celles trouvées par l’aru.
lyse directe. IN ous adôpterons de préférence ce dernier
résultat pour la composition de l’hydroclilorate de cio*
ebonine, parce que l’analyse de Thydrochlorate ne nous-
parait pas pouvoir être faite avec autant de précision qu*.
celle du sulfate. *
, if « ’ •
- . . . i ♦ ' * ’
* I S '■ t 1 * *■ ' *
Pu Nitrate de cinchoniue.
i, ; « • 1 ,
§ 10. Pour préparer le nitrate de cinchonine, il fQU|
employer de l’acide nitrique très-étendu -, car l’acide
nitrique concentré réagit sur les élcmens de la cinclto-
iwne. Si on convertit celui-ci en matières amères et tan-
Hautes , on peut obtenir un nitrate de cinchonine neutre.
Lorsque la solution est assez concentrée, soit à -chaud
soit à froid , ufte portion du nitrate se sépare en gout¬
telettes d’appafence oléagineuse , et qui , à une basse
température, ressemblent à de la ciiie^ Ce caractère dis¬
tingue éminemment lu cinchonine des autres alcalis or¬
ganiques étudiés jusqu’ici. 11 dijlére aussi des nitrate»
do strychnine, de morphine et de hruchie, en ce qu’il
jte devient pas rouge par un excès d’acide nitrique.
L’analyse directe du nitrate de la cinchonine n’a pas
été faite } mais comme ce sel est neutre, an peut l’éta¬
blir par le calcul ; on, aura alors les résultats suivaus :
P
( 3 'oi )
\ , ■ ■ * ' v * >
Cinchonine , . 100,000 ;
Acide nitrique , 17,594»
Vy.i
JS*;
- , <r
' ' ■»; \
Du Phosphate de cinchonine.
j U. Le phosphate de cinchonine est très^soiuble et
Jillicilement cristallisable ; il ne donne môme que des
,udiutens de cristaux : le plus souvent il se dessèche
m ns cristalliser , et.se présente sous forme de plaques
n sus parentes* »
• / - • ' r: 4
De V Arséniate de cinchonine ,
; . . , t 1
■ #■
Ç i,a< L’acide arsénique forme avec la cinchonine un
sel* neutre très-soluble, cristallisant trèsniilFicilcmenU
flous n’avons préparé ce sel que pour donner un exem-
' * v 'f \ • \ , * [
pie de l’union de la cinchonine avec un acide métal*
lique. 11 n’est pas douteux que ce sel ne soit vénéneux
comme tous les arséniates.
. ! 1 >
* 5
De V Acétate de cinchonine,
„ ‘ 1 , . 1 ‘ ‘ ’ \ k *
^ :■ i . - • •
§ i3. L’acide acétique dissout la çin,choninc ; la li¬
queur est toujours $cid^ malgré l’pxeès de là cinchonine
(ju’ou pourrait avoir employé , et qui salons se déposerait
au fond du liquide. Cet acétate par évaporation, à un
*
certain degré d’évaporation, laisse déposer sur lui , par
refroidissement, une substance saline sous forme de
petits grains ou de paillettes translucides. Ces petits cris-
uux lavés ne sont plus acides; mais aussi ne sont-ils que
peu solubles. * Leur solution dans l’eau , aiguisée d’un
pau* d’acide et évaporée1 lentement ou spontanément à *
X
|É» ( 3os )
siccité, donne une masse d’apparence gommeuse. Celte'
masse, traitée par un peu d’eau froide, se dissout en
partie. Ou obtient un acétate acide, et de l’acétate neutre
reste au fond de la liqueur. On conçoit qu’un grand excès
d’acide détermiue l’entière dissolution. /
De VQxalale de cinchomnp.
t\ . . V . î *
§ i4* L’acide oxalique forme avec lia cinchonine* un
$el neutre, très-peu soluble à froid lorsqu'il n’est pas
avec excès d’acide. On peut très-facilement avoir l’oxa-
late de cinchoniue en versant de l’oxalate d’ammo-
niaque dans un sel de cinchonine neutre et soluble. Il
se forme sur-le-champ un prétipité blanc qu’on pour-
rait prendre pour de l’oxalate de chaux en raison de son
insolubilité dans l’eau froide ; mais l’eau bouillante en
dissout des quantités très-sensibles. L’acide oxalique en
excès se redissout facilement; enfin il est très -soluble
dans l’alcool, surtout à chaud : une partie s’en pré¬
cipite par le refroidissement.
Du Tarlrate de cinchonine.
§ i5. L’acide tartrique forme avec la cinchonine 11a
sel peu soluble. Les tartrates alcalins précipitent aussi
les sels solubles de cinchoniuev Le ta r traie de la cin-
chonine n’est cependant pas aussi insoluble que l’oxa-
latçv .
Du Gaîlate de cinchonine .
1 r \ *
^,16. L’acide gallique forme avec la cinchonine un
sel neutre peu soluble à froid : ce sel est plus soluble
à chaud. Pa£ le refroidissement, les liqueurs qui en
.
,
( *>3 )
c ontiennent en solution se troublent et' deviennent lai¬
teuses; niais, au bout de quelques heures, elles s’éclair¬
cissent, et ou trouve le gallate de cinchonine précipité
sous forme de petits cristaux grenus, translucides, at¬
tachés aux parois du vase.
Il paraît certain que c’est à l’acide gallique que la
teinture de noix de galle doit la propriété de précipiter
les décoctions, de quinquina ; dans ce cas, l’acide gal¬
lique s’unit à la cinchonine et forme un gallate insc*
lubie. Mous reviendrons plus laçd sur cet objet. j-
§ 17. Après avoir constaté dans le quinquina l’exis¬
tence de la cinchonine 5 après avoir pi ouvé qu’il jouis-,
sait des. propriétés alcalines et qu’on devait le consi.*
deier comme une base saliliable organique ; après en
avoir examiné les propriétés, principalement sous ce der?
mer point de vue , il, restait encore beaucoup de chose®
a éclaircir dans l’histoire du quinquina ; nous devions
rechercher, par exemple, à quel acide la. cinchonine est
unie, comment elle réagit, dm moins chimiquement,
sur les autres principes immédiats qui, dans le quinquina,
hu sont associés. If fallait déterminer si c’était la cin-
clionjne qui donne exclusivement aux bonnes espèces de
quinquina, et particulièrement au quinquina gris,
propriété de précipiter par la noix de galle • si , dans ce
cas , c’était l’acide gallique ou le tannin qui agit sur lui, /
la cinchonine ne précipitant ni par l’émétique ni par il
gélatine ; il fallait rechercher quelles, étaient, dans le
quinquina, les substances qui jouissaient de ces pro¬
priétés, et quelles étaient leurs relations avec la éin-
chonme : cest ainsi que, de considérations en considé^ •
rations, nous avons été conduits à nous occuper d’une
—
( 3o4 )
nouvelle analyse du quinquina basée sut la présence et
l’influence de la matière alcaline qui existe dans celte
écorce. Voici comme nous avons procédé : V
Hk • , . ,
Analyse du quinquina gris.
§ 18. Nous avons soumis* a l’action de l’alcool fort et
bouillant une quantité donnée de quinquina gris réduit
en poudré : les premières teintures furent «amères et très''
colorées; l’alcool n’ayant plus d’action sur le résidu,
nous avons réuni les teintures alcooliques, et les avons
distillées au bain-marie, après y avoir préalablement
ajouté ^ d eau distillée. L’alcool séparé, nous1 avons
trouvé a la surface de la liqueur aqueuse refroidie une
couche de matière grasse verte que’ nous avons mise à
part pour la purifier et l’examiner ultérieurement.
La liqueur que surnageait la matière grasse' était lou¬
che et très-amère ; elle recouvrait un précipité abondam¬
ment formé par la matière connue sous le nom de
résine de quinquina. : c’était aussi une portion de la
môme substance qui rendait trouble la liqueür aqueuse.
Cette matière, obtenue par filtration , était très-amère.
La liqueur, filtrée, jouissait aussi d’une grande amer¬
tume; elle précipitait abondamment la colle , l’értiétique
et la teinture de noix de galle. Nous reviendrons plus bas
sur celte liqueur.
La matière résineuse } traitée par Peau bouillante , s’y
dissolvait en partie; par le refroidissement, il se for¬
mait un précipité de matière résinoïde , et la liqueur
filiiée ressemblait a celle dont nous venons de faire-
mention , mais était moins amère et moins chargée de
substances solubles. ;
( 3o5 )
Par une suite de traitement avec l’eau bouillante et
de -filtration après refroidissement, nous avons obtenu
une matière rougeâtre briquetée, n’ayant plus de saveur
ni d’astringence, se dissolvant en très-petite quantité
Hans l’eau bouillante , s’en séparant en grande partie par
le refroidissement. Ces dissolutions * n’avaient pas do
saveur très-sensible , elles ne précipitaient plus par la
noix de galle ni parla gélatine ; mais elles troublaient sen¬
siblement la dissolution d’émétique. C’est celte substance
rouge insipide que nous regardons comme le principe
colorant du quinquina : noua consacrerons un chapitré
à l’examen de ses propriétés,
c '§ 19- Les liqueurs chargées des principes solubles de
la matière résinoide du quinquina gris ont été réunies
et évaporées avec soin jusqu’au ^ de leur volume; dans
cet état , elles se sont troublées par refroidissement , et
ont laissé une matière rougeâtre qui, purifiée, ‘était la
matière colorante rouge dont nous venons de parler.
Séparées de celte matière, les liqueurs ont donné par
l’évaporation un bel extrait de quinquina, qui se re¬
dissout dans l’eau froide en abandonnant seulement quel¬
ques flocons de matière rouge. Comme il serait impos¬
sible de pouvoir assurer qu’à l’aide de dissolutions et
d’évaporations répétées on pût séparer toute la matière
»
rouge sans altérer les autres substances qui l’accom¬
pagnent , il faut avoir recours à d’autres moyens. Rap¬
pelons d’abord que ces liqueurs précipitent la colle ani¬
male, la teinture de noix de galle et l’émétique; qu’elles
sont- légèrement acides et très-amères ; observons même
que* tout le principe amer du quinquina doit être ras¬
semblé dans ces liqueurs , puisque la partie du quin-
t. xy. 20
•X
.
"
quma sur laquelle l’alcool n’a plus d’aclion est presque
insipide et nullement amère , et que la matière rouge
insoluble dans l’eau , mais soluble daps l’alçool, est éga,
lement privée d’amertume. A cette époque de l’analysq
et après beaucoup de tàtonnemens qu’il est inutile dp
rapporter, nous avons cru devoir traiter les liqueurs par
de la magnésie très-pure et en grand (excès , à 1 aide dt
l’ébullition prolongée a« moins pendant quinze minutes,
On reconnaît qu’on a employé assez de magnésie lors,
qu’après le temps prescrit pour l’ébullition , la liqueur
(iliréç a perdu toute sa couleur rouge, et n’a plus qu'un#
teinte jaune plus ou moins jaune', on ne la filtre cependant
qu’après son
entier refroidissement} elle passe très-claire,
d’on bçauNjaunev et est légèrement W<sre. Noos diron*
par la suite pourquoi l’on est obligé c}. employer UO
excès de magnésie.
Si maintenant on essaie la liqueur filtrée par les trois
réçsctijs précités , ou trouve qu’elle a perdu la propriété
de précipiter la colle animale et l’émétique \ elle trouble
à peine la décoction 4e Uoix <*e galle V d’où l’on peut
conclure que les principes qui, dans le quinquina, prén
cipitent la gélatine, l’émétique et la noix de galle > sont,
restés fixes dans la magnésie en totalité en ce qui con-.
cerne les principes qui peuvent précipiter les deux pre-*
miers de ces réactifs,' et en grande partie pou? ce qui,
regarde la substance qui précipite par bt noix de galle.
Si on évaporé maintenant celle liqueur en consistance
de sirpp clair, et qu’on 1 abandonna a cllc-mcme pendant^
plusieurs jours, elle se prendra en un magma grenu : eu
traitant ce magma par de 1 alcool très-fort , on obtient
un sel presque blanc et sans amGrtume , le principe co—
* Uo îi^fp |g >m L# si qgpitt# SH KM
»t!<ii'jèï3 n.^jq iuf t.Hjiîoâq »tti jtra-j
• ( 3ûÿ )
iorant jaque qui raccompagnait étant également soluble
dans l’eau et l'alcool qui dissout aussi le principe am<er,
qui n’est autre chose que de la cinclionine enlevée pat
les eaux de lavage. En évaporant la teinture alcoolique
àsiccité, traitant le résidu par de l'éther, et abandon¬
nant celui-ci à une évaporation lente au moyen d’un
vase à ouverture très-étroite, la majeure partie de la cin-
choniué se précipite, tandis que l’éther non encore éva¬
poré retient la matière jaune. . . ,
Le sel blanc purifié par l’alcool est très-soluble dan*
l’eau, difficilement criHallisablq } sa saveur est fraîche
et un peu amère. Une portion soumise a quelque*
épreuves ^chimiques s?e$t comportée de la manière suxt
vante : exposé a l’action du feu, il se noircit, répand
une odeur de caramel, et finit par laisser de la magnésien
11 ne précipite aucun mwate ni sulfate métallique ^ il
est décomposé par la potasse, qui en sépare de la raag*
n^sie. Il parait enfin résulter de l unjon.de la magnésie
avec 1 acide, qui, dans le quinquina, sature la cincho*
ni ne. Quelle était la nature de cet acide ? La propriété
qu’il avait de former avec la magnésie un sel soluble, et
de ne point précipiter les solutions métalliques, nous fit
conjecturer qu’il pouvait être lucide Unique déjà dé*-
couvert par M. Vauquelin dans le quinquina , once savant
l’a trouvé combiné à la chaux ; l’obtention de cet acide
a confirmé notre soupçon.
Tour le séparer de la magnésie, nous avons décom¬
posé le sel magnésien par de la chaux ; la liqueur, filtrée
et séparée de l’excès de chaux par l’acide carbonique , a
été évaporée et abandonnée jusqu’à cristallisation. Gn a
obtenu un sel qui avait tous les caractères du kinate de
-i*
* ' » *
( 3o8 )
i*
chaux j nous avons décomposé ce sel par l’acide o*a*
lique mis en juste proportion, et par évaporation nous
avons obtenu un acide qui avait tous les caractères de
l’acide kinique. En le redissolvant dans de l’alcool , il
se dépose des flocons qui ne sont autre chose que de la
gomme. Nous reviendrons plus bas sur cet acide. ,
§ 20. Revenons maintenant au précipité magnésien
que nous avons abandonné pour nous occuper de la li¬
queur qui s’en était séparée. Ce précipité , parfaitement
lavé et desséché au bain-marie , a été traité à plusieurs
reprises par de l’alcool fort*, ces divers traitemens lui
ont enlevé toute son amertume. Los solutions alcooliques
distillées, et sur la fin évaporées lentement , ont donné
une matière cristalline d’une couleur verdâtre. Cette ma¬
tière, lavée avec un peu d’éther , est devenue blanche et
a offert tous les caractères de la cinchonine \ dissoute,
elle précipitait abondamment par la teinture de noix de
galle , mais n’avait aucune action sur la colle et l’én|é-
tique. Les substances qui ont de l’action sur ces deuj
réactifs sont donc encore restées dans la magnésie.
§ 21. Le précipité magnésien, n’abandonnant plui
rien à l’eau ni à l’alceol, a été traité par de l’acide aeé
tique étendu : aussitôt la liqueur acide s’est fortemeni
colorée en rouge brun. En renouvelant l’action de l’acide
étendu, on arrive à un point où l’on n’a plus qu’une
matière d’un rouge terne sur laquelle l’acide étendu n’a
plus d’action sensible. v
Les liqueurs acides colorées contiennent les dissolu¬
tions de l’acétate de magnésie et une matière colorante
soluble. Cette matière a la propriété de précipiter très-
sensiblement l’émétique et abondamment la gélatine ani-
( 3o9 )
#
male. Cependant , une remarque imporlantc est que cette
matière ne précipite la gélatine que sous l’inHuepce d’un
acide libre. En effet , si on sature l’excès d’acide par
une basé quelconque , ou si on avait traité par l’acide
acétique,' une masse de précipité magnésien telle que
l’acide fût entièrement saturé par de la magnésie, alors
on n’aurait pas de précipité par la gélatine.
Si on voulait séparer celte matière Colorante rouge du
sel magnésien , il faudrait la précipiter par de l’acétate
de plomb, laver le précipité et le décomposervpar l’hy¬
drogène sulfuré : en évaporant la liqueur filtrée, on ob¬
tiendrait la matière colorante dépouillée de magijésie ;
mais elle contiendrait un peu d’acide acétique. C’est à
celle matière, que nous étudierons spécialement, que le
quinquina doit sa propriété de précipiter la gélatine ,
lorsque l’acide que le quinquina contient naturellement
en excès n’a pas été saturé par une base sali fiable.
*
§ 22. La partie du précipité magnésien qui ne s’é¬
tait pas dissoute dans l’acide acétique faible a été traitée
par l’acide acétique concentré ; il s’y est dissous entiè¬
rement } mais en ajoutant de l’eau dans la liqueur , il
s’est fait un précipité abondant qui , recueilli , lavé
d’abord à L’eau froide, puis à l’eau bouillante, perdit
totalement son acidité , et se présentait avec tous les ca¬
ractères de la matière rouge insoluble dont nous avons
parlé. Cette substance., redissoute dans l’acide acétique ,
jouit de la propriété de précipiter l'émétique, mais ne
précipite pas la colle. La liqueur dont nous ayons pré¬
cipité cette substance en retenait encore une partie dis¬
soute à la faveur de l’acétate de magnésie. Cette même li¬
queur précipitait abondamment l’émétique, et très-peu la
4 # P*- ■
.-•V , a H.
. :;
'"■ v^v.-
(3ia)
\
colle ; peut-être devait-elle cette dernière propriété, qu'elle
n’avait que faiblement, à une certaine quantité de matière
colorante soluble quelle aurait retenue, et qui aurait pu
échapper à l’action de l’acide acétique faible.
La magnésie qu’on fait agir sur la matière résineuse
du quinquina se combine donc avec (jleux matières colo¬
rantes rouges. L’une*, soluble, d’un ronge brun, peut
précipiter la colle animale et l’émétique lorsqu’elle est
sous l’influence d’un acide; l’autre, rouge, insoluble, et
ne précipitant pas la colle, même sous l’influence d’un
acide, mais conservant la propriété de précipiter l’émé¬
tique. \ " J
Ces observations expliquent comment certains quin¬
quinas précipitent l’émétiqiie sans1 précipiter la colle,
Comme l’a remarqué M. Vauquclin.
Nous examinerons, dans dos chapitres particuliers, les
propriétés de ces deux matières, et nous ferons voir
qu’elles ne sont, en dernier résultat , qu’une même sub¬
stance diversement modifiée. ,
§ ad. La matière résinoide du quinquina gris , c’est-à-<
f
dire , l’ensemble de toutes les parties solubles dans l’ai—
pool , est donc composée des principes suivans ;
i°. Une matière grasse
verle.
a“. De la cinchonine ;
3°. De l’acide kiuique ;
4°. De la gomme eu "pe¬
tite quantité; ^
* , «.# ' I '
*1
Nous nous proposons du
punu dp ce$ substances dàua
5°. Une matière colorante
rouge soluble ;
0°. Une matière colorants
insoluble ;
7°. Une matière colorante
jaune.
* * ' / ♦ *
dire quelques mots dp clia».
Jps paragrapues particuliers ;
N
■
» f*
<3,r)
tnais , dans ee moment , nous croyons devoir continuel»
notre analyse . %
§ 2/jé Apr^ avoir examiné la partie du quinquina
soluble dans Talcool , il nous reste à nous occuper de
la partie insoluble dans ce menstrue. Nous la traiterons,
successivement par l’eau ffoiçle , l’eau bouillante , les
acides çt le feu,
J . * , . ' . 1 ' , . - . -i • *■ 1 *
§ 2 5, Lorsque l’on met le quinquina épuisé par } al¬
cool en macération dans l’eau froide, pu oh^P1) f. f ,f#
bout de quelque .temps, une liqueur d’un jaupe pu?
geâtre ; cette liqueur est acide au tournesol , ttps-pejyi
amère, assez astringente par la concentration 5 elle ac¬
quiert la propriété de précipiter la colle et l’émétique*
Evaporée avec soin en consistance d’extrait , la pHÙtjé 9
soluble dans l’eau , a été traitée pat* de l’alcool*, Ja £uU?
stance susceptible de précipiter la çolle et l’émétique p
été obtenue par l'évaporation des liqueurs alcooliques ,
elle avait tous les caractères de la matière colorante rçugu
soluble lorsqu’elle est sous TinHueuce d’un ait* libre ;
c’est aussi cette matière que plusieurs chimistes , qui sp
sont occupés de l’analysp du quinquina , put désigné^
sous le nom de tannin .
, > >e T «\ i . , ► ! ' J, ’ i ^ _.• » ’ •" * . * 1 t *
La matière insoluble dans d’alcool étant un mélange de
kinate de chaux et de matière gommeuse, ou peut eu re*
tirer ;le kinate de chaux par cristallisation, ou mieux: en»
core mettre l’acide kinique à nu et le séparer de i*
gomme, cqmnm nous l'avons dit . à la lin du 1 ^‘paragraphe
de ce^MémPU'et
C’est dans Je produit dd quinquina traité par ‘Peati que-
M* Vauquelin fa prouvé le ^kinat'e de chaux mélangé de
. — ... . . VI_ .
. . • - ■■
(3. a)
* „ /
gomme : cette partie de notre analyse coïncide parfaite¬
ment avec celle de ce savant.
§ 26. L’eau froide n’ayant plus aucune action sur le
quinquina , nous avons fait agir l’eau bouillante sur cette
écorce, et nous avons obtenu des décoctions légèrement
colorées et presque sans saveur. Ces dépoctions , trans¬
parentes à chaud , se troublaient par le refroidissement y
chauffées , elles reprenaient leur transparence. Par l’ad¬
dition de l’iode , ces liqueurs devenaient bleues ; mais
bientôt cette couleur disparaissait pour faire place à une
teinte brune : l’alcool formait, sans ces mêmes liqueurs,
un précipité brun, et le sulfate de fer un précipité brun-»
verdâtre -, dans ce cas , la liqueur surnageante prenait une
teinte d’un beau vert. Ces phénomènes indiquaient éyL
demment la présence de l’amidon et du tannin, et
croit , d’après les expériences de ÎVI. Vauquelin et de
Thomson , qûe le tannin et l’amidon mis en présence
peuvent s’unir en formant une combinaison beaucoup
plus soluble à chaud qu’à froid.
Pour donner à cette conjectnre line entière certitude,
nous avons combiné à l’amidon la matière colorante rouçe
soluble du quinquina, qui, sans l’influence d’un acide,
fait fonction de tannin. îSous avons également combiné
à de l’amidon du tannin de noix de galle , et nous avons
obtenu des précipités analogues à ceux que nous exami¬
nons. Ces précipités se comportaient de même avec l’iode
et l’alcool ; dissous à chaud , ils précipitaient le fer de ses
solutions. La couleur des précipités fournis par le fer va¬
riait seulement suivant l’espèce de matières tannantes.
Ces précipités se redissolvaient aussi lorsque la tempé¬
rature delà liqueur était élevée à ôo d. au-dessus d<a fcéro.
.
'
y .
W { 3i3 )
§27. Après avoir épuisé l’action de l’eau bouillante
sur le quinquina , nous avons mis ce résidu dans de l’a~
eide nitrique étendu. Les liqueurs ne se sont pas sensible*
meut colorées , cependant elles donnaient quelques flo¬
cons lorsqu’on les saturait avec des sous-carbonates de
potasse ^ces flocons étaient solubles dans l’eau bouillante,
et devenaient bleus par l’iode, caractère de l’amidon, qui
déjà avait été signalé dans le quinquina par M. Lauber.
Nous n’avons pu constater dans le quinquina la pré¬
sence du sucre. Cependant les eaux-mères de kinate de
chaux avaient unç odeur marquée de mélasse , qui nous
fait soupçonner la présence du sucre incristallisable. Nous
ivosons pas cependant nous prononcer à cet égard.
§ 28. Le quinquina , .après ces divers traitemens, n’é-
^^plus^que du bois 5 incinéré, il fournissait quelque»
traces^ci une cendre formée de carbonate de chaux.
Le quinquina non traité par l’alcool ot l’eau fournit
des cendres un peu plus volumineuses , mais de même
nature. On n’y signale aucune trace de sulfates et d’hy¬
drochlorates alcalins.
§ 29. Le quinquina gris est donc composé :
i°. De la cinchonine unie à l’acide kiuique ;
2°. De matière grasse verte ;
3°. De matière colorante rouge très-peu soluble ;
4°. De matière colorante rouge soluble (tannin);
5°. De matière colorante jaune,*
' <r
6°. De kinate de chaux :
1 ■ . \
rjO. Dégommé;
8°. D’amidou :
/ ♦
9°. De ligneux.
■
( 3.4 )
• *
Nous allons maintenant reprendre en particulier les
diverses substances trouvées dans le quinquina pour
établir les faits qui sont relatifs à chacune d’elles , et qui
n’ont pu être rapportés dans l’exposé de l’analyse de cette
«écorce. Nous ne nous occuperons cependant plus de la dn*
chouine, qui a déjà été l’objet d’un chapitre de ce Més
«noire. Nous n’aUrous rien non plus à idire sifr la gomme *
l’amidon et le ligneux du quinquina, parce que ces sub¬
stances «'offrent rien de particulier, , ;
„ • /
Ve la Matière grasse verte du quinquina gris .
§ 3o. Cette matière avait été obtenue à Tétât de pureté
par M. Lauber, pharmacien en chef des armées. Il T$
retirée du quinquina, eu traitant le quinquina gris par
l’éther sulfurique, Il en a décrit les propriétés avec soin.
Cette substance est verte, soluble dans l’alcool bouillant,
$’en précipite par le refroidissement ; elle est trçs-soluble
dan$ l’éther sulfurique, même à froid. Les alcalis fixes la
saponisent. M. Lauber parle de son acreté ; cependant,
quand elle vient d’être extraite et quelle estbien purifiée,
elle ne nous a pas paru avoir de saveur bien marquée j du
reste, la matière grasse du quinquina gris se rapproche
'beaucoup de la matière grasse que nous avons trouvée
dans plusieurs végétaux, et particulièrement dans Tipçca^
çuanha , et n’a de particulier que sa teinte verte, Peut-être
çette couleur est-elle due à un peu de chlorophylle. Nous,
verrons par la suite que la matière grasse de quelques
autres quinquinas n’a pas cette couleur verte, et cepen-r
dant ne diffère de la matière grasse du quinquina grispav;
aucune propriété saillant,c\
jp ' ' <( 3i5 )
. , ' • »(■
S <f
I JPe /a Matière colorante rouge insoluble du
» - ** ' ? r ■ i . * \ t ■ * * ’ l ~ + ■ ■
quinquina gris .
■*' '■»'.( * ’ i 1 \ '■' >
§ 3ï. Indépendamment des procédés que nous avons
indiqués pour obtenir la matière (colorante rouge insolu¬
ble, ou plutôt peu soluble du quinquina gris ( voyez § ïj
pt § 2 1 ) , il s’en présente un autre que nous regardons
comme plus avantageux , quand on a pour but l’extrao
lion de cette matière, et non l’analyse du quinquina. •
11 faut prendre l’extrait alcoolique de quinquina gris»*
pt le faire bouillir dans de 1 eau légèrement aiguisée d’a-
eide hydrochlorique. On renouvelle plusieurs fois cette
opération qu’on termine par quelques lavages à l’eau dis¬
tillée bouillante. On enlève par ce moyen la cinclionine ^
la gomme , la matière colorante rouge soluble, la matière
colorante jaune; la matière rouge insoluble reste avec dè
Ja matière grasse ; on enlève celle-ci par de l’éther.
L’eau aiguisée d’acide dépouille plus facilement la ma¬
tière rouge insoluble du quinquina des substances qui lui
sont étrangères. On peut donc employer moins d’ébullitiori.
I
et de lavages : c’est en cela que consiste l’avantage du
procédé. On peut ensuite extraire facilement la cinchonine
contenue dans les liqueurs acides. — Dans ce traitement ^
on dissout toujours un peu de matière colorante à la
t •*
faveur de l’acide ; mais cette voie est inévitable quand 04
veut obtenir cette substance à l’état de pureté.
§ $2. La matière rouge insoluble est insipide, ino-r
dore, d’une couleur rouge-brune ; l’alcoolla dissout en
gradde proportion , suttôut à chaud, L’éther et l’eau ont
très-peu d’action sur elle, cependant l’eau bouillante eri
(iissout une petite' quantité.; Les raides favorisent sa di$so-
#
( 3.6 )
lution dans l’eau j l’acide acétique concentré la dissout
instantanément ; mais , par l’addition d’une masse d eau ,
la plus grande partie se précipite. Cette substance n’a
nullement, soit seule , soit sous l'influence d’un acide, la
propriété de précipiter la colle animale , mais elle préci¬
pite l’émétique.
La propriété la plus importante (le cette matière con¬
siste dans la manière dont elle se comporte avec les alcalis.
§ 33. Lorsqu’on la met en contact avec une solution de
potasse ou de soude, elle s’y dissout en communiquant
amç liqueurs une couleur rouge -brune très-intense. Si
on ajoute alors un acide en quantité suffisante pour saturer
l’alcali , la matière colorante se précipite en grande par-*
tic. Dans cet état, elle a acquis la propriété de précipiter
la colle animale^ lorsqu’on y ajoute un peu d’acide, elle
précipite aussi l’émétique, mais moins abondamment.
La potasse, en dissolvant la matière colorante, lui fait
donc subir quelque modification , puisqu’elle lui fait
4
acquérir une propriété. qu’elle n’avait pas auparavant,
celle de précipiter la gélatine.
Lorsqu’on chauffe la matière rouge avec une solution
de potasse et de soude , elle prend la propriété de préci¬
piter la colle, propriété qu’elle avait acquise par sa dis¬
solution à froid dans les mêmes alcalis. Il parait donc
qu’à chaud , la potasse et la soude exercent une trop
grande action sur la matière rouge , et la dénaturent. En
effet , si on ajoute uu acide , le précipité qui se forme est
moins abondant, et on retrouve une matière jaune dans
les liqueurs. D’un autre côté, ou peut s’assurer que les
alcalis moins forts que la potasse et la soude , savoir ,
l’ammouiaque , la baryte et la chaux , changent aussi U
«* '• /■ X
“ ( 3i7 )
matière rouge du quinquina en matière tannante ) mais
ici, au lieu d’éviter l’action du calorique , il faut y avoir
recours pour imprimer à la matière colorante rouge la
t
vertu tannante.
La magnésie , substance encore moins alcaline que les
précédentes , peut se combiner avec la matière colorante *,
mais ne la modifie pas en matière tannante. Cette combinai**
ion peut être considérée comme une laque magnésienne»
lorsqu’on vient à dissoudre cette laque dans un acide , la
dissolution ne jouit pas de la propriété de précipiter la
colle animale.
. « *
L’alumine se comporte comme la magnésie avec la
matière rouge , et forme une laque assez belle.
La cinchouine semble aviver sa couleur, mais ne la
convertit pas en matière tannante.
♦ 0 . r , t , v-'- **
L’oxide de plomb paraît agir sur cette substance à
la manière d’un alcali assez puissant j car si on dissout
la matière colorante rouge dans l’acide acétique , et si
on la précipite par le sous- carbonate de plomb, on ob¬
tient une combinaison insoluble dont on peut séparer le
plomb par l’hydrogène sulfuré. La matière colorante peut
être enlevée intacte par l’alcool 5 mais alors elle a acquis
la propriété tannante. u ^ 1
La matière colorante rouge ou rosée de M. Lauber
nous paraît être la matière colorante rouge modifiée par
la potasse , puisque ce chimiste fait usage de cet agent
pour l’obtenir. \ ' '
Le rouge cinchonique de M. Reuss nous paraît se
rapprocher beaucoup dé notre matière lorsqu’il a été bien
dépouillé du principe amer. M. Reuss assure qu’il ne
précipite pas la gélatine , et il eu décrit assez exactement
3
'
( 3i8 )
Jes propriétés , qui Raccordent avec celles de notre
stance, I^ous croyons donc devoir les regarder comme
identiques , e* nipuf o’hésitqns pas à adopter le nom
de rouge cinchonique , qui peut convenir tant qu’on
jj’put'a paSj.Upuyt^Jle meme principe dans des végétaux
d’un autre geqrfr, j
{Lq, s vit p aiéCàhipr prochain),
- . ’
• i »
m Extrait des Séances de V Académie royale
des Sciences .
; t . '>* . y :t * • : j< • 4
Séance du lundi % octobre 1820.
, « * * • * ■ * ‘ * ' ** ' “ » #
9 * t , , . • «
» , * V ‘ * ' , <| x y 1 k . . ► • ■ • 4
Le Ministre de l’Intérieur adresse à l’Académie l’or-
■ t 1
donnance par laquelle Sa Majesté approuve la nomina¬
tion de M. Gauss à la place d’associé étranger yacaqte
par la mort de sir Joseph Panhs.
M. Alleuet envoie ^n Mémoire sur un instrument pro -
pre à remédie^ V incontinence d'urine. Ce Mémoire sera
examiné.
, î \ ; > « » . * . w
M. Fohman dépose un écrit intitulé : Résultats de
quelques expériences sur les vaisseaux chylifères ; des
commissaires seront chargés d’en rendre compte à l'Aca¬
démie.
M. G epÆV oy-Sa i n t-Hi 1 a ire Mémoire intitulé :
Observations pathologiques sur le crâne humain
M. Dupin lit ensuite u \\ filé moire sur les progrès de
r état saurai re de la flotte britannique .
M, Coquebert de Montbret rend compte des observa¬
tions quib avait faites à Londres pour déterminer le
o SUITE
Des Recherches chimiques sur les Quinquinas .
' i ; -
. _ t ’ «
Par MM. Pelletier et Càventou.
, • . ■ j -
De la Matière colorante rouge soluble ( matière
tannante ).
§ 35. La matière colorante rouge soluble du quin¬
quina gris , obtenue par les procédés que nous avons
rapportés (§ 21 et 25), jouit de toutes les propriétés
qu’accordent au tannin les» chimistes qui admettent en¬
core l’existence de ce dernier principe. Elle est d’un
rouge brunâtre , se dissout dans l’eau et l’alcool , a une
saveur acerbe , se combine avec les oxides métalliques ,
précipite en vert foncé les dissolutions ferrugineuses à
la manière du- tannin du cachou et de la gomme
kino. Elle précipite abontfamhient la colle animale, fait
dans la solution d’amidon un précipité qui se redissout
à 5od* au-dessus de zéro, et perd, par l’addition d’une
base sali fiable, la propriété de faire des précipités dans
les solutions de ces dernières substances. * > .
§ 36. On ne peut se refuser à admettre une grande
analogie entre la matière tannante du quinquina et le
rouge cinchonique modifié parla potasse 5 la différence
qu’on remarque entre ces deux matières consiste princi¬
palement dans le moindre degré de solubilité du rouge*
cinchonique modifié. 11 ne serait donc pas étonnant que*
la matière tannante du quinquina gris ne fût une modi¬
fication naturelle du rouge cinchonique j cela expli-.
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( 338 )
querait comment quelques espèces de quinquina préci¬
pitent l’émétique sans précipiter la colle ; mais ici nous
entrerions clans les hypothèses, et nous voulons nous
borner aux faits.
§ 3^. Nous pourrions terminer ici ce qui regarde la
matière tannante du qufnquina , mais cet objet se rat¬
tachant à un point de chimie générale , l’existence du
tannin, nous ne voulons passer sous silence aucune ob¬
servation. Nous avions remarqué une ditïérence dans la
manière dont agissent sur les sels de fer le tannin na¬
turel du quinquina et le rouge cinchonique modifié
par un alcali : le premier précipite le sulfate de fer en
vert, et la liqueur surnageante est verdâtre; le second^
forme un précipité brun, et la liqueur surnageante est
brune. Mais on sait quen admettant le tannin comme
principe immédiat des végétaux , on est obligé de recon¬
naître plusieurs variétés de tannin qui diffèrent princi¬
palement paj? les teintes des précipités qu’ils font dans le' »
sulfate de fer. Ainsi , le tannin de la noix de galle pré¬
cipite le fer en noir bleuâtre, celui du cachou en vert, etc.
D’ailleurs, si l’on extrait par des procédés entièrement
semblables la matière tannante de diverses espèces de
quinquina, on voit que ces matières précipitent diverse¬
ment le sulfata de fer : celui du quinquina jaune fait un
précipité brun-noirâtre, et celui du quinquina rouge un
précipité brun-rougeâtre. Le rouge cinchonique du quin¬
quina rouge traité par de la chaux, puis rendu libre
par un acide en excès , précipite alors le sulfate de 1er en
vert.
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Nous avons dit que la potasse enlevait à cliaud à la
matière tannante artificielle la propriété de précipiter la
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g^latjne sous linflueucc d’un acide : nous nous sommes
également assurés que la potasse agissait de même sur
Je tannin naturel du quinquina, et sur celui' de la
noix de galle. JEn ellet, si on met de la potasse dans
une infusion de noix de galle à froid , et qu’ensuite ori
sature la potasse par un acide, la propriété tannante n’est
pas déliai te ; mais si on fait bouillir les liqueurs pen-
dant quelque temps, l’addition d’un acide ne rétablit
plus la propriété tannante.
Il suit de ces faits, que non-seulement on peut consî*
dérer les tannins comme des substances composées et
variables, provenant de l’union d’une matière végétale
avec un acide , opinion déjà avancée par M. Clievreul et
soutenue par l’un de nous (1) , mais qu’on peut en¬
core établir que certaines substances végétais non sus¬
ceptibles de s’unir directement aux acides pour former
d< s matières tannantes acquièrent cette propriété par
suite de la réaction de quelques bases salifiables, et dou-
nent alors lieu à des tannins artificiels qui diffèrent selon
la matière végétale et l’acide dont ils sont formés.
- De la Matière jaune du quinquina gris .
§ 38. La matière colorante jaune du quinquina gris
obtenue parle procédé indiqué précédemment, ne doit
pas cire confondue avec ce que plusieurs auteurs ont
nommé matière jaune , matière jaune amèi'e du quin¬
quina. Dans ces corps, la matière colorante jaune était
associée à d’autres substances, particulièrement à des sel»
(1) M. Pelletier, Annales de Chimie .
j
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. ' ( 34o )
fie cinchonine. La matière jaune que nous signalons ic^
est une véritable matière colorapte ; elle n’a pas de saveur
très- marquée j elle est soluble dans l’eau, l’alcool et même
l’éther 5 elle est précipitée parle sous-acétate de plomb :
ce sol peut fournir le moyen de la séparer entièrement de
la cinchonine. Elle ne précipite ni la colle, ni l’émé¬
tique , ni la noix de galle*, elle n’iest pas fixée par la
magnésie , mais elle paraît avoir quelque affinité avec
l’alumine : cette substance ne jouant pas un gran,d rôle
daus le quinquina , nous ne nous y arrêterons pas da¬
vantage.
De V Acide k inique.
§ 3c). L acide kinique , découvert dans le quinquina
par M. Vauquelin , peut être retiré du kinate de chaux, en
suivant le procédé indiqué par ce savant. On peut aussi
le séparer de la cinchonine par le procédé que nous
avons indiqué (§ 19). M. Vauquelin a fait voir que cet
acide différait de tous les acides connus par les propriétés
suivantes : il est très-soluble , et cependant il peut cris¬
talliser ^ sa saveur est très-acide, légèrement amère 5 ses. •
sels terreux et alcalins sont solubles et cristallisables ; il
*
11e précipite point les sels de plomb, de mercure ni d’ar¬
gent j il forme avec. la chaux un sel qui cristallise en
lames rhomboïdales. A ces détails , nous n’ajouterons que
quelques faits qui nous sont particuliers. Nous croyons
qu’gn doit signaler sa saveur comme purement acide*
l’amertume qu’il a, dans quelques circonstances , ne pro¬
vient que d’un peu de cinchonine qu’il retient alors.
L’acide kinique et les kinates alcalins n’ont précipité au¬
cune de* solutions métalliques dans lesquelles nous le#
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(340
voiis versés : cependant il faut en excepter le sous-acélale
le plomb 5 car, lorsqu’on verse de l’acide kinique dan*
:e sel , il se forme un précipité blanc qui n’est autre
ju’un sous-kinate de plomb, et le sous-acétate de plomb
jst converti en acétate neutre.
Une propriété singulière de l’acide kinique est de
ournir par l’action du feu un acide pyrogéné cristalli-
>able : caractère qui rapproche l’acide kinique des
acides mucique, tartrique et soi bique. En effet, si on
soumet l’acide kinique à l’action de la chaleur dans des
vaisseaux distillatoir^s , on voit 1 acide se boursouiïler ,
noircir et répandre une fumée blanche et piquante ; il
passe un liquide brun, huileux, très-acide } quelques
cristaux se manifestent au col de la cornue $ les cristaux
' \
ont été redissous, et la liqueur, distillée , filtrée à travers
du coton mouillé pour retenir l’huile, a été soumise a
une évaporation lente. A un certain degré de concen¬
tration et par le refroidissement , il s’est formé des cris¬
tallisations en lioupes et à rayons divergens : ces cristaux
sont l’acide pyro- kinique.
De V Acide pyro kinique.
i ■ , •
§ 4°. L’acide pyro-kinique est très-soluble dans l’eau
et l’alcool -, il est sans odeur -, il paraît devoir être blanc
puisqu’il se dépouille de plus en plus de sa couleur par
des cristallisations répétées. 11 forme des sels solubles
avec les alcalis, la baryte et la chaux •, il précipite légè¬
rement l’acétate de plomb et le nitrate d’argent. Il diffère
essentiellement de l’acide kinique et des autres acides
connus , par la propriété qu’il ^ de former un précipité
4
. . . . —
}
( 34» )
d’un très-beau vert dans le deuto^sulfate de fer. 11 eg't
inutile de remarquer qu’il ne précipite ni l'émétique u\
la colle, et qu’ainsi on ne peut supposer que les précU
pilés verts qu’il fait dans les sels de fer sont dus à une
matière tannante : du reste, cet acide est tellement sen¬
sible à la présence du fer, qu’il prend une couleur verte
lorsqu’on l’unit à de la chaux ou de la bar) te qui cqu^
tiennent des traces de ce métal,
.1 1
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Nouveau procédé pour l'extraction de la cinclionine,
9
§ 4 L'analyse du quinquina gris et l’examen que
nous avons fait de ses principes constituans nous ont
suggéré, pour l’extraction de la cinclionine, un procédé
plus avantageux que celui indiqué dans le commence¬
ment de ce Mémoire. Ce procédé consiste à prendre do
l’extrait alcoolique de quinquina gris , et à le traiter à
chaud pap de l’eau aiguisée d’acide bydrochlorique,
L’acide dissout la cinclionine et la sépare :du rouge cin-
chonique et de la, matière grasse; ou traite la liqueur
par de la magnésie en excès; cette base s’empare de
l’acide bydrochlorique, et retient le rouge cinchonique
qui aurait pu êlre dissous à l’aide d’un excès d’acide
bydrochlorique. Ou lave alors le précipité magnésien ;
on le fait sécher au bain-marie , et ou le traite par l’a U
cool, qui dissout la cinchouine. Ou peut alors obtenir
la cinclionine par l'évaporation de l’alcool.
Quelquefois la cinclionine retient un peu de ma*
tière grasse : cela a lieu surtout quand on n’a pas assez,
étendu l’acide bydrochlorique. On peut aussi employer,
l’éther, ou mieux encore redissoudre la cinclionine dans
'
( 343 )
l e Taq4e hydroclilorique faible , et la reprendre par U
i magnésie et l’alcool.
i Ce procédé est avantageux en ce que le traitement de
i a matière résinoïde du quinquina par la potasse est
ort dilficile à ell'ectuer ; car, si la solution de potasse, est
rès- étendue , il faut un temps très-long pour enlever
oui le rouge cinchonique, et si la solution de potasse
3St concentrée , on perce toujours les ii lires.
On peut aussi employer avec avautago 1 acétate 4I®
plomb pour la purification de la cinchonine \ nous nous>
en sommes servis dans le traitement de plusieurs eaux-
mères très-colorées , et dans lesquelles il y avait encore
de la cinchonine. L’acétate de, plomb, et surtout le sous-
acétate, précipite la matière grasse et les matières colo¬
rantes du quinquina , en laissant, la cinchonine dans la
liqueur à l’état d’acétate. Cependant nous nous sommes
aperçus,que les précipités entraînaient un peu de cin-
chonine, surtout lorsqu’on employait le sous-acétate de
plomb. Ce procédé nous sera très-utile, par la suite, dans
l’analyse de certains quinquinas peu riches en cin¬
chonine.
§ f\‘Â. ÎJpus avons , dans plusieurs occasions , insisté
sur la nécessité où l’on était, pour obtenir la cinchonine ,
d’employer la magnésie en excès. En eüet, si on n ajou¬
tait pas un excès de magnésie, il en résulterait deux in-
çonvéniens le premier serait qu en traitant le précipité
magnésien par de l’alcool , on dissoudrait du rouge cin-
clionique en même temps que la cinchonine , et alors on
aurait une matière très-impure. Le second inconvénient
se présenterait dans le lavage du précipité magnésien pa*
l’eau i lavage qui a pour but d’enlever le kinate de niag-
- - - - - ... ... . . .
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; - 4 • * -
i ■
( 344 )
nésie ou Thydrochloratc , quand on emploie 1 acide hy-
drochlorique : dans l’un et Paître cas , si on n’avait pas
mis un excès de magnésie , ces eaux de lavage dissou¬
draient du rouge cinchonique qui entraînerait de la cin-
clionine avec lui , le tout en pure perte. Dans ce cas, les
eaux de lavage , au lieu d être jaunes , sont rouges ; elles
se troublent bientôt. Il se forme à 'leur surface des pel¬
licules insolubles, etc. Les acides, en très-petites quan¬
tités, déterminent un précipité rougeâtre dans ces li-
queuis ; le chlore fait le même effet; un excès de ces
corps redissout Je précipité. Pendant quelque temps,
nous n’avons su à quoi attribuer la formation de ces pel¬
licules ; elles nous rappelaient cet extrait oxigéné dont
il était si souvent fait mention dans l’analyse des vé¬
gétaux , à l’époque du renouvellement de la théorie chi¬
mique. Nous avons même cru un instant que l’oxigène
de 1 air contribuait à la formation de ces pellicules ; mais
les ayant vu se former sous des cloches remplies de gaz
hydrogène et d’acide carbonique, ainsi que dans des vais¬
seaux fermés, nous avons abandonné cette opinion ; nous
croyons plutôt que le kinate de magnésie ou l’hydro-
chlorate qui se trouve dans la liqueur est peu- à peu dé¬
composé par la cinchoninc, à la faveur de l'excès de ma¬
tière colorante. En eifet, si on examine les pellicules
qui se forment , on trouve qu’elles sont formées de mag¬
nésie et de matière colorante rouge. Or, la magnésie était
combinée à un acide, et formait un sel soluble; la cin-
chonine était libre ou faiblement urne à la matière colo¬
rante ; la réaction a donc pu avoir lieu en vertu d’une sorte
d’aihnité double , ou plutôt en raison de l'attraction de
cohésion qui tend à réunir entre elles les substances dont
a combinaison est insoluble, comme M. Berthoilçt l’a
démontré en thèse générale.
j C’est à des réactions analogues qu’on doit souvent
attribuer les précipitations qu’on remarque dans les dé¬
coctions des matières végétales.
Examen chimique du quinquina jaune ( cinchona
cordifolia ). ,
• / y t *• * •
Extraction de la matière alcaline .
§ 43. La meilleure manière d’examiner les diverses
espèces de quinquina consiste à les considérer sous les
memes rapports , et , autant que possible , à les traiter par
les mêmes méthodes. M. Yauqueiinnous avait déjà donné
l’exemple de cette marche dans l’examen qu’il fît , il y a
quelques années , d’un grand nombre d’écorces de ce
genre. Nous avons donc pensé qu’il fallait, avant tout,
nous assurer si la cinchonine existait dans le quinquina
jaune , si elle pouvait ê^re obtenue par les méthodes em¬
ployées pour l’extraire du quinquina gris , et si elle
était identique dans ces deux écorces, Nous avons donc
préparé des teintures de quinquina jaune, pour en ex¬
traire la matière résinoïde : celle-ci , traitée par 1$ po¬
tasse, a laissé une substance jaunâtre qui s est dissoute, en
grande partie , < dans de l’acide hydrochlorique étendu
d’eau , en abandonnant une matière grasse qui 11e dilïé^
rait de celle du quinquina gris que par sa couleur
jaune. La liqueur acide était colorée en jaune, elle
avait une très^forte amertume , et ressemblait beaucoup à
*
une (lissoluliou hydro-chlorique de cinchonine. Dans
-cet état, nous y avons ajouté de la magnésie en quan-
thé plus que suffisante pour s’emparer de l’acide hydro-
ch io ri que. La liqueur s’est, en grande partie , décolorée.
Le précipité magnésien $ été lavé , desséché au bain- /
marie et traité par l’alcool.
Les liqueurs alcooliques ont été d’abord distillées ,
puis abandonnées à une évaporation lente ; nous nous
attendions alors à avoir une belle cristallisation do
cinchonine : quelle a été notre surprise de n obtenir
qu’une substance jaunâtre transparente et nullement
cristalline !
La substance obtenue devait être, selon nous, de la
cinchonine, mêlée de quelque matière étrangère et pair
ticulicre au quinquina jaune : tous nos soins se sont
donc portes à séparer de la cinchonine prétendue la ma¬
tière étrangère que nous supposions devoir y être unie ;
la dissolution dans de nouvelles quantités d’acide ne nous
a rien offert de particulier : seulement on séparait quel¬
quefois un peu de matière grasse , encore cela n’avait-il
lieu que dans le cas où la substance soluble dans l’acide
hydro-chlorique avait été dissoute par un acide trop con¬
centré , parce que , dans ce cas , un peu de matière grasse
avait été entraiué. Supposant la présence d’une ma¬
tière colorante jaune , nous a vous eu recours au sous?
acétate de plomb. La petite quantité de précipité ob-r
tenu par ce moyen U a pas répondu à notre attente,
et celte prétendue cinchonine s’est encore présentée
$ous forme de plaques non cristallisées. Sachant enfin
que l’élber ue dissolvait la cinchonine que dans cer¬
taines limites, nous ayons recouru à cet agent, mai*
A
( H: )
notre substance s’y est dissoute entièrement , aven la
plus grande facilité, et par l’évaporation lente de l'éther,
nous n’avons obtenu aucune marque de cristaUisaliop.
Enfin, ayant dissous notre matière dans de l’acide acétique,
nous y avons versé de i’oxalate d’ammoniaque ; suv*le-
champ il s’est formé un précipité d’un blanc éclatant
qu’on aurait pris pour de l’oxalate de chaux , s’il ü’eût
été soluble dans l’alcool. Ce précipité, traité par de la
magnésie , et depuis par de l’alcool , a encore fourni une
substance non cristallisée. Enfin, chose remarquable]
celte matière, ainsi traitée, se dissolvait dans tous les
acides (quelques-uns seulement devant être en excès) , et
formait des sels très -blancs qui semblaient .être • plus
facilement cristallisables que les sels de cinchouiuc, dont
ils ditféraicut aussi par la forme et l’aspect, C’est ainsi
que, par la force des choses, nous avons été amenés à
considérer la matière amère du quinquina jaune comme
une base salifiable particulière et différente de la cin-r
chonine. Nous déclarons en même temps que ce n’est
qu’après de mures réflexions , par suite de nombreux
essais , et après avoir fait un grand nombre de sels , que
nous nous sommes décidés à distinguer l’alcali du quin¬
quina jaune de celui du quinquina gris } jmais ce qui
nous a surtout déterminés à foire cette distinction, c’est
l’existence simultanée de ces deux substances dans quel*
ques espèces de quinquina, et la possibilité de les séparer
l’une de l’autre. En effet , si la matière amère du quim
quina jaune n’était que de la cinchonine unie à uuc autre
substance,1 comment pourr&il-on séparer la cinchonine
pure de la cinchonine impure lorsqu’elles seraient réu¬
nies ? Autant dire qu’on pourrait en morne temps purifier
( 348 )
et ne pas purifier la cinchonine des matières dont elle
serait souillée. Si l’examen que nous allons faire de l’alcali
du quinquina jaune nous prouve qu’il diffère essentiel¬
lement delà cinchonine, le meme examen nous fera re¬
connaître dans ces deux matières beaucoup de propriétés
analogues. C’est ainsi que, dans les propriétés médicales
du quinquina jaune et du quinquina gris, on trouve une
grande analogie , mais non une identité parfaite -, en sorte
que, dans certaines maladies, le quinquina gris est em¬
ployé avec avantage , tandis que, âaus d’autres cas, le
quinquina jaune est justement préconisé. Comme, dans un
travail de quelque étendue , nous sommes obligés de dé¬
signer l’alcali du quinquina jaune sans employer de pé¬
riphrases j comme , d’ailleurs , cette substance, bien ca¬
ractérisée , mérite aussi-bien un nom particulier que sa
congénère dans le quinquina gris , nous avons cru devoir
la nommer quinine, pour la distinguer de la cinchonine
par un nom qui indique également son origine.
De la Quinine.
* *> v ‘
§ 44- 0° peut obtenir la quinine du quinquina jaune
en employant les divers procédés que nous avons indi¬
qués pour l’extraction de la cinchonipcj dans le cas d’un
mélange naturel ou artiliciel de cinchonine et de qui¬
nine ^ la cristallisation et l’éth^feourraient servir à sé-
* ® %
parer ces deux matières. La différence de solubilité de
quelques-unes de k^rs combinaisons salines pourrait
aussi, comme nous le (lirons par la suite, donner des
moyens d’opérer leur séparation.
La quinine ne cristallise jamais. Desséchée et privée
^ ( 349 )
entièrement d’humidité , elle se présente sous forme de
^«poreuse d'unJiWc sale ; elle est «*-,» ..«e
dans l’eau ; l’eau bouillante u’eu dissout qu’envtrou
o,oo5 ; l’eau froide en dissout encore moins ; malgré son
peu de solubilité, celle matière est très-amère; on ne
peut non plus lui refuser une certaine allume pour 1 eau;
car lorsqu’on évapore une solution de quinine dans de
l’alcool non absolu , elle relient de l’eau avec force ;
d’où il résulte une sorte d’hydrate transparent, fusible
à 901 ; tandis que , dépouillée d’eau par une chaleur long¬
temps continuée, la quinine perd de sa solubilité,. .
et se présente sous forme d’une masse poreuse , au lieu
de s’offrir avec l’apparence de la cire fondue ou dun
vernis desséché.
L’alcool dissout pès-facileinent la quinine. Celte sub- .
stance est beaucoup plus soluble que la cinclionine
I dans l’éther sulfurique; elle se dissout aussi, mais en
petite quantité , dans les huiles fixes et volatiles.
La quinine, exposée à l’air, n’éprouve aucune alte¬
ration ; elle ne paraît pas même attirer sensiblement
l’acide carbonique. Elle se décompose par l’action du
feu , et , comme la cinclionine , donne les produits des
matières végétales non azotées ; elle- se comporte aussi
comme la cinclionine avec le deutoxide de cuivie.
La quinine ne s’unit pas au soufre ni au .carbone ; elle
convertit l’iode, à l’aide de l’eau, en acide hydpodique et
en acide iodique. L’hydriodate et l’iodatc soqt moins so¬
lubles que les mêmes sels à base de cinclionine. La quinine
rétablit la couleur bleue du tournesol rougi par un acide;
elle s’unit elle-même aux acides qu elle sature, et forme
des sels généralement moins solubles et plus facilement
.
•j* ^3 ^
->
7j&':f39*w*r! '
( 35o )
A
eristallisables que ceux de cincbonine ; ces sels ont tous
un aspect nacré qui les distingue. Dfous allons les exa¬
miner en particulier.
Du Sulfate de quinine.
§ 45* L acide sulfurique dissout la quinine, et forme
avec cette base un sel neutre qui! cristallise très-facile¬
ment. Il se présente sous forme d’aiguilles ou de lames
tres-étroites , allongées , nacrées et légèrement fjexibies,
ressemblant a iki 1 amiante. Ces aiguilles s’entrelacent
ou plutôt se groupent en mamelons étoilés. Ce sel est
' Peu soluble à froid , si <?e n’est dans un excès d’acide.
J1 est beaucoup plus soluble à chaud , et cristallise par
i efroidissement. Il diffère, par son aspect , du sulfate de
cincbonine. Celui-ci est forme de lames plus dures ,
plus consistantes, plus régulières , et est moins amer,
♦quoique plus soluble.
Le sulfate de quinine se fond aussi plus facilement à
la chaleur 5 il prend, quand il est fondu, l’aspect de la
cire; il est très-soluble dans ,1’alcool ; l’éther n’en dissout
que de" petites quantités.
Les acides gallique , tartrique et oxalique font des
précipités dans les solutions un peu concentrées du sul¬
fate de quinine. Ce sel est décomposé par les alcalis fixes
et 1 ammoniaque j la quinine se précipite en flocons
très-blancs. j mais, parla pression, ces flocons se réu¬
nissent en une masse grisâtre. v
La moyenne de plusieurs analyses a donné, pour la
composition du sulfate de quinine :
Quinine, *ioo;
Acide sulfurique , 10.914.
1 .1 . .:n, n II Ctt i <\> «M » î* I *
f ( 35i )
p’où il résulte que lq poids de la molécule de qui¬
nine est de 45-9o6.
Ces résultats montrent que la capacité de la quinine
est beaucoup plus faible que celle de la cinchbniue, et
établissent une différence essentielle entre ces deux
bases.
De V H y drochlorate de quinine.
ç 46. Ce sel est plus soluble que le sulfate de qui-
jiine, et moins que L’hydrochlorate de cinchoniue. Il
diffère aussi de ce dernier par son aspect nacré ; il est
aussi plus soluble.
Analysé par les méthodes connues, il sest trouvé
\
formé de :
Quinine , 100 \
Acide liydrocblorique, 7.0862*
, ^ -> »•«*** 1 s
Du Nitrate de quinine.
§ 47. L’acide nitrique s’unit facilement à la quinine,
et forme avec elle un nitrate qui , par la concentration
des liqueurs, se précipite sous forme d'un lluide oléa¬
gineux : l’action de l’acide nitrique sur la quinine no
peut servir à la faire distinguer de ia cindiouine.
- >
Du Phosphate de quinine.
g 48. On se rappelle que lé phosphate de cincbo-
HÎne est, pour ainsi dire, incrislallisable. Il n en est
pas de même du phosphate de quinine : ce sel cristallise
très-facilement , et se présente en petites aiguilles blan-
■ .
( 35a )
ches translucides , un peu nacrées. Il est soluble dans
l’alcool.
De V A rséniate de quinine.
§ 49* L’arséniate de quinine ressemble beaucoup au
phosphate par l’aspect extérieur : il est cependant moins
nacré. Si on le compare à l’arséniatje de cinchonine, qui
ne cristallise pas, on trouve , dans la comparaison de
ces deux sels , un moyen de distinguer la quinine de la
cinchoniue.
De V Acétate de quinine.
')
§ 5o. Voici encore un sel qui établît entre Ja quinine et
la cinchonine une grande différence : on se souvient sans
doute que 1 acide acétique forme avec la cinchonine un
sel très -soluble quand il est avec excès d’acide 5 que
ce sel , évapore , se présente sous forme de masse gom¬
meuse, tant qu on y laisse l’excès d’acide ; et qu’au
>. contraire , évaporé seulement à un certain point , il se
fait un dépôt grenu qui , lavé , est un sel peu soluble.
La quinine se comporte d’une manière bien différente :
en s unissant avec l’acide acétique, elle forme un sel
très-légèrement acide. Ce sel cristallise très-facilement,'
et à un certain degré d’évaporation , la dissolution se
prend en masse cristalline formée d’aiguilles longues ,
larges et nacrées. Par une évaporation plus lente , les
aiguilles plates et feuilletées se groupent en étoiles , et
.forment des mamelons qui offrent un aspect très-agréa¬
ble à l’œil. Ce sel est peu. soluble à froid : lorsqu’il est
coloré (ce qui n’a lieu qu’en le préparant avec de la
quinine, non purifiée) , on peut lo blanchir eu le lavant
»
‘
( 353 )
■ ”7» .. ' ü
avec de l'eau froide ; il gagne la partie inférieure du
vase et se précipite en ftlamens larges et soyeux, ayant
des reflets satinés. 11 est beaucoup plus soluble dans
l’eau bouillante : sa dissolution ; saturée à elvaud, se prend
en niasse par le refroidissement* '
Il suffit d’avoir vu uue fois ce sel pour toujours le
reconnaître»
De l Oxalale, de quinine.
§ 5i. L’acide oxalique forme avec la quinine un ôel
neutre trè$-peu soluble a froid. Ce sel se dissout cepen¬
dant cri assez grande quantité dans l’eau bouillante , et
sa solution saturée par le refroidissement se prend en
masse nacrée qui paraît formée d aiguilles parallèles.
L’oxalate de quinine est soluble dans un excès d acide
oxalique, et forme un sel qui cristallise en aiguilles. * ,
Qu’on place dans une capsule une solution alcoolique
de quinine, qu’on l’évapore de manière à avoir la
quinine attachée à la paroi interne de la capsule, sous
forme d’un vernis transparent , et qu’alors on verse dans
la capsule une solution d’acide oxalique , il se passera
un phénomène assez singulier. La liqueur acide dis¬
soudra les premières couches de quinine sans perdie
sa fluidité ni sa transparence -, mais tout-à-coup elle se
troublera , s’épaissira à Vue d’œil, et meme se prendra
en masse si les quantités d’acide et d’alcali sont en pro¬
portions convenables : cet effet est dû a la saturation do
l’excès d’acide, qui d’abord tenait la quinine en dis¬
solution. En délayant cette masse dans de l’eau froide ,
la jetant sur un filtre et la lavant, on obtient unejiou-
Jrc blanche qu’on prendrait, au premier aspect, pour
23
T* XV.
( 354 )
de l’oxalale de chaux : c’est de l’oxalate de quinine. Ce
sçl est très-soluble dans l’alcool , et comme il s’y dissout
en plus grande quantité à chaud qu’à froid, on peut l’ob¬
tenir cristallisé en aiguilles très-blanches. En versant de
l’acide oxalique dans un sel soluble de quinine , il
se fait également un précipité blanc qui est de l’oxalate
de quinine. On peut aussi préparer ^vec plus de facilité
ce sel par décomposition double : si les solutions étaient
trop étendues, il faudrait concentrer les liqueurs.
Du Tcirtrate de quinine .
§ 5a. Le tartrate de quinine diffère peu de l’oxalate
de la meme base ; il paraît cependant être un peu plus
soluble.
Du G dilate de quinine.
^ 53. L’acide gallique forme des précipités dans tous
les sels solubles de quinine , pourvu toutefois que les
solutions ne soient pas par trop étendues. Les gallates al¬
calins sont encore plus sensibles à la présence de la qui¬
nine. L’acide gallique s’unit directement à la quinine,
et forme un sel neutre très-peu soluble à froid. Ce sel
se dissout a chaud j par le refroidissement, les liqueurs
deviennent lactescentes, et il se forme un dépôt toujours
opaque. Le gallate de quinine est soluble dans l’alcool
et dans un excès d’acide.
Les infusions et teintures de noix de galle précipitent
la quinine de ses dissolutions. 11 paraît quelles agissent
par l’acide gallique qu’elles contiennent ; car les ma¬
tières tannantes artificielles me précipitent la quinine
que dans le cas où il entre dans une composition un
( 355 )
acide qui forme avec celle base uu sel peu soluble ; ces
iixnisidéra lions sont également applicables aux sels de
einchonine.
§ 54. Telles sont les diverses combinaisons de la qui-
% ,
tnine qi^e nous avons eu occasion d’examiner. Nous ne
doutons pas qu’après avoir répété nos expériences , les
chimistes 11e soient convaincus des dillérences qui exis¬
tent entre la base salifiable du quinquina gris et celle
du quinquina jaune , et qu’ils n’adniettent simultané¬
ment la quinine et la einchonine comme deux substances
différentes.
Anal j se du quinquina jaune.
§55. Après avoir extrait et examiné la quinine , nous
avons entrepris l'analyse du quinquina jaune \ les pro¬
cédés que nous avons suivis ayant élè à-peu-près ceux
employés dans l’analyse du quinquina gris , nous 11e
croyons pas devoir les rapporter. Voici les résultats que
nous avons obtenus.
Kinate de quinine $
Rouge cinchonique ; 1
Matière colorante rouge soluble (tannin) \
Matière grasse 5
Kinate de chaux ;
Amidon $
Ligneux 5
Matière colorante jaune.
" * A- •Kw-'- •
•' • V\ -Vy-
V . •». *»H ■ . .VS • ' ■• . .
x ( 356 )
•4 *
Tableau comparatif de quelques propriétés de la cin-
chonine et de la quinine 3 pour établir la différence
entre ces deux bases .
Forme .
Saveur .
Fusibilité .
Poids de la mo¬
lécule .
Action de l’al¬
cool .
Action de l’é¬
ther . .
Sulfate , son as¬
pect .
! / • . » . ,
Sa constitution.
Hydrochlorate,
aspect , etc,... .
Constitution.. ,
Phosphate. . . .
Arséniate .
Acétate .
Cinchonine.
En aiguilles prisma¬
tiques. j
Amère particulière
Infusible.
Est de 38,488.
Soluble dans l’alcool,
y peut cristalliser.
Très-peu soluble dans
l’éther, y cristallise.
Crislallisahle, forme
déterminante , pris¬
me à 4 pans. .
Base, ioo; acide,
l3,0210.
Cristallisable , en ai¬
guilles.
Base, ioo; acide,
9,o55.
Incristallisable , as¬
pect gommeux.
Incristallisable.
Très-soluble , petits
cristaux grenus.
Quinine»
En masse amorphe.
Amère , beaucoup
plus désagréable.
Fusible , au moins à
l’état d’hydrate.
- * «
Est de ^.5tyo6g»
Soluble dans l’alcool,
n’y peut cristalliser.
Très-soluble dans l’é¬
ther, incristallisable,
Crislallisahle , en ai¬
guilles soyeuses na¬
crées.
Base, ioo ; acide,
*0,9147.
Facilement crista
* Jble,houpessoyeu
Base , 100 ; aci
n / 1
7,0882.
Cristallise en ait
les nacrées.
Cristallise en aiç
les prismatiques.
Moins soluble, 1
taux soyeux se gi
pant en étoiles .
\e$ , etc.
( 357 )
,
Examen particulier des principes constituans du
quinquina jaune .
§ 56. Nous ayons fait connaître les propriétés dp la
quinine ; nous n’y reviendrons plus.
Le rouge cinclionique a toutes lqs propriétés que nous
lui avons trouvées dans le quinquina gris.
La matière colorante rouge soluble (tannin ) ne dif¬
fère de celle du quinquina gris qu’en ce qu’elle précipite
les sels de fer en brun, au lieu de les précipiter en vert,
La matière colorante jaune est la même dans les dpux
écorces.
La matière grasse , à la couleur près , est en tout
semblable à celle du quinquina gris *: elle est d’un jaune
orange^ elle parait aussi être plus odorante. Il ne serait
pas étonnant qu’elle contint un principe odorant parti¬
culier, comme on en rencontre dans plusieurs matières
grasses végétales et animales.
Le kinate de chaux est le même dans les deux écorces.
L’amidon est identique dans les deux quinquinas gris
et jaune.
Nous n’avons pas trouvé de matière gommeuse vérita¬
blement bien caractérisée dans le quinquina jaune ; nous
attribuons à son absence la facilité avec laquelle on ob¬
tient à l’état de pureté le kinate de magnésie dans le
traitement du quinquina jaune , pour l’extraction de la
quinine.
Examen chimique du quinquina rouge (cinchona
oblongifolia ).
§ 57. Le quinquina rouge que nous avons soumis à
l’analyse était eu ecorces de moyenne grosseur, roulées
- - -
*. -v *
V • I
( 358 )
et recouvertes de lichen j des morceaux ont été spécia-
i • • « * -m
lement choisis un à un , et l’on a pris toutes les précaiw
tions pour éloigner les échantillons dont on aurait pu
douter. On ne peut donc supposer qu’on a employé du
quinquina jaune coloré par une liqueur alcaline. On
verra plus bas pourquoi nous avons tellement insisté sur
le choix de ce quinquina. L’infusion de ce quinquina
précipite abondamment j par la noix de galle, l’émétique
et la gélatine.
Extraction de la base salijiable du quinquina
rouge .
* *
' V 1 • . <
§ 58* En suivant toujours. la marche que nous nous
étions tracée, nous avons cherché à extraire , par les di¬
vers procédés indiqués, da-cinchonine que le quinquina
rouge pouvait contenir : nomseulement nous en avons
obtenu de parfaitement cristallisé et en tout semblable
à-celui du quinquina gris , mais elle était en quantité trois
fois plus forte pour un poids donné des ;deux. écorces.
Une chose qui nous a d’abord frappés et que nous avons
ensuite expliquée, c’est que l’alcool qpi avait servi à
traiter le précipité magnésien pour en extraire la cin-
chonine ne donnait de cristaux que dans, le cas* où l’on
conduisait l’évaporation à un certain terme, et non. à
siccité } car, daus. ce ças, on n’aurait qu’une masse
grenue et colorée. Nous avions d’abord pensé que Ja cin-
ebonine était seulement engagée dans une, matière co¬
lorante ; mais nous n’avons pas tardé a reconnaître que
a matière qui s’opposait à la cristallisation de la cin-
ftcniuc dans les liqueqrs trop rapprochées était de Ja
i - 5*
-t*-
1 ■
(35g)
quinine (1). Nous sommes parvenus à séparer ces deux
bases en employant la cristallisation , l’éther et l’acido
acétique. Nous avons déjà parlé de ces procédés dans
les paragraphes 43 et 44*
D’après notre analyse, le quinquina rouge est com¬
posé de :
Kinale de cinchonine :
* •
Kinate de quinine j
Kinate de chaux :
Rouge cinchonique j
Matière colorante rouge soluble ( tannin ) *,
Matière grasse j
Matière colorante jaune j
Ligneux j 4
Amidon.
Résultats comparés de V analyse des quinquinas gris ,
jaune et rouge. r
\
§ 5f). Nous avons déjà dit qu’il nous paraissait impos¬
sible de faire une analyse quantitative des matières vé¬
gétales dont la composition était compliquée. Nous
croyons cependant devoir établir quelques rapports pro¬
portionnels entre les principes constituans des trois es-
(i) Nous ferons cependant remarquer qu’il existe quelques
différences entre la quinine du quinquina jaune et l’alcali
incristallisable que nous signalons ici. Ces différences con¬
sistent dans la plus grande fusibilité de l’alcali incristallisable
du quinquina rouge, et dans l’aspect de son sulfate : néan-
moiys nous ne croyons pas à présent devoir considérer cette
matière autrement que comme une variété de la précédente.
ï
,
-
:
*
*
( 3Go )
pèces do quinquina ; ces rapports pourront donner lieu
à quelques inductions qui ne feront pas sans utilité,
Nous remarquerons d’abord que la base saliûablp existe,
dans le quinquina gris , en moins grande quantité que
dans le quinquina jaune, puisque nous n’avons pu re¬
tirer que 2 grammes de cinchonine par kilogramme d’ér*
corce *, tandis que le quinquina jaiune nous a. donné
9 grammes de quinine (i); mais comme ces bases no
sont pas absolument les mêmes , on ne peut rigoureuse^
ment établir par elles un point de comparaison entre
les deux quinquinas.
Quant au quinquina rouge roulé , il réunit les deux
bases salifiables et en quantité bien supérieure à celles
que contiennent les quinquinas gris et jaune, puisque
d’un kilogramme de quinquina rouge oit a retiré 8 gram-
* mes de base saliliable cristallisable (cinchonine), quan-!
tité quadruple.de celle fournie par le quinquina gris, et
17 grammes de base saliliable incristallisable (quinine),
c’est-à-dire, presque le double de celle retirée du quin-
- • . . '• ‘ • > ! ‘ : ; ' • • *k
quina jaune.
D’après ces considérations , si l’on parvient à établir
que , dans les quinquinas, le principe actif réside dans
la base salifiable , on expliquera comment il arrive que
le quinquina gris et le quinquina jaunie présentent des
nuances dans leur propriété médicale. Quant au quin¬
quina rouge ( variété roulée ), il serait le quinquina par
(1) Nous croyons bien ifayoir pas retiré du quinquina
gris toute la quantité de cinchonine qu’il peut contenir j, mais
jl en a du être de même des autres quinquinas , et la perle a
du êqe à-peu-près proportionnelle,
'
1^1’. (3Gi)
excellence , puisqu’il réunirait les deux principes, et
des contiendrait en grandes proportions,
Le rouge cinchouique existe dans les trois especes de
quinquina. 11 paraît identique dans ces trois écorces.
Le quinquina rouge en contient le plus , et le gris en
contient le moins. *
| La matière tannante existe en moins grande quantité
dans le quinquina jaune que dans les quinquinas gris et
rouge } elle diffère un peu dans chaque espèce.
La gomme n’existe que dans le quinquina gris.
Le kinate de chaux et les autres principes mentionnés
sont identiques dans les trois espèces de quinquina.
f
Du Principe actif du quinquina,
§ 6o. Quel est le principe actif des quinquinas ;
quelle est , dans ces écorces , la substance qui agjt dans
Je traitement des lièvres , et qui combat si énergique¬
ment l'intermittence ? Ce ne serait peut-être pa§ a nous
qu’il conviendrait de chercher la solution de ce pro¬
blème. Cependant, comme nous sommes convaincus que
ce principe est la base saliüable, la cinchoninc, dans le
quinquina gris, la quinine dans le quinquina jaune,
et ces deux substances dans le quinquina rouge peut-
être avec des nuances et des degrés divers d intensité ,
nous croyons devoir établir sur quoi nous fondons notre
opinion.
On reconnaît les quinquinas de bonne qualité , et on
les distingue des écorces inertes ou étrangères, non-
seulement à l’aspect extérieur , mais encore par la réu-
mon de plusieurs propriétés physiques et chimiques, Ou
( 362 )
sait que les bons quinquinas ont une saveur amère , styp*
tique, comme aromatique toute particulière , et telle
qu’on ne peut la confondre avec celles des autres écorces
exotiques ou indigènes : or, de tous les principes conte¬
nus. dans le quinquina gris que nous prendrons pour
exemple, la cinchonine seule a une amertume , et même
une saveur prononcée. Cette savent est exactement celle
du quinquina *, le quinquina dépouillé de cinchonine est
presque insipide. Les autres principes du quinquina gris
n’ont presque pas de saveur , si on en excepte la matière
colorante rouge soluble : encore la saveur de ce principe
est-elle très-faible et simplement un peu astringente.
Les travaux de M. Yauquelin ont fait connaître que les
quinquinas généralement recopius comme fébrifuges
précipitaient par la noix de galle. Or, dans le quin¬
quina, le seul principe précipitable par la noix de galle
est la cinchonine.
A quelle autre substance attribuerait-on les propriétés
médicales du quinquina ? Ce ne serait pas, sans doute , à
l’amidon, à la gomme. Serait-ce au tannin ? Mais il est
beaucoup de substances tannantes , et ces substances sont
peu fébrifuges , et les médecins leur refusent la pro¬
priété anti-intermittente. Serait-ce au kinate de chaux ?
Mais ce sel pur n’a ni amertume , ni stypticité, ni aucune
des propriétés qu’on signale dans le quinquina et qui se
retrouvent dans la cinchonine } 1 on sait d ailleurs que
»
M. Vauquqlin a dit qu’il ne croyait pas le kinate de chaux
fébrifuge , parce qu’il était insoluble dans 1 alcool ^tan¬
dis que les préparations alcooliques de quinquina étaient
celles qui étaient douées de plus de vertus.
Les praticiens savent d’ailleurs que le sel essentiel du
■
/
( 363 )
juuiquîna préparé par macération dans l’eau froide est peur
i fébrifuge : or, ce sel contient beaucoup de kinate de chaux
i et peu de kinate de ciuchouihe» Qn ne peut tirer une*
inductiort contraire à notre manière de voir de la diffé¬
rence d’opinion des divers chimistes qui ont analysé le
quinquina , concernant le principe fébrifuge, puisqu en
consultant ces analyses., on trouve généralement que les*
différentes matières auxquelles ils ont. attribué 1 eilica^
• •
cité du qqj|uquiua étaient dçs composés plus ou moins
complexes, dans lesquels entre la einchowiue masquée
parles substances qui y sont combinées. Ainsi, par exem¬
ple, nous voyons Reuss attribuer les propriétés actives du
quinquina à ce qu’il nomme a/nftV cinclionujue. Or,
on peut démontrer maintenant que cette matière est un
mélange de cin clionine , de kinate de chauxetde matière
colorante. La matière jaune amère de M. Laubcr , qnon a
regardée aussi comme le principe fébrifuge du quinquina,
est du kinate de cinclionine et de la matière colorante.
IJnün , la matière blanche que ce chimiste en. a séparée
par l’eau potassée , et qu’il a regardée comme une- résine-
pure , est la cinclionine elle-même , peutcèlro seulement
unie à un peu de matière grasse, l£nlin M. le IV Oomès y
qui, le premier, a obtenu la cinclionine, quoiqu il n ait
pas connu sa nature alcaline et scs principales. propriétés
chimiques , n’hésite pas à. regarder la. cinehonine* comme*
le principe actifidu quinquina. '
Si nous raisonnons ensuite par analogie, nous* voyons
que toutes les bases salitiabl|M> organiques ont des- pro¬
priétés spéciales très-énergiques. La morphine représente
l’action calmante de l’opium ; la strychnine produit un-
horrible tétanos j lu picrotoxiue agit sur le cerveau^ h
vorairine est, dans l’hellébore blanc et dans la. cévadille ,
le principe sternutajoire : il existe dans le quinquina un
alcali végétal , et on lui refuserait sans examen une action
spéciale (i) ! ... L
Nous sommes loin, cependant, de soutenir qu’il ne
faut plus employer le quinquina en nature : quand noire
opinion sur le principe actif du quinquina serait basée
sur les observations médicales les plus nombreuses et les
plus avérées, nous ne tiendrions pas ce langage» Nous ne
nions pas que les autres principes qui accompagnent la
cinchonine dans le quinquina ne puissent modifier son-
action d’une maijdèrp utile et physiologiquement incon¬
nue ; mais1 des modifications à une propriété entraînent
l’existence spéciale de cette propriété même.
Dira-t-on que c’est uniquement dans la réunion des
principes du quinquina et dans leur combinaison intime
que reposent les vertus de ce médicament ( loco cita -
to) ? Mais alors il faudrait bannir toute composition qui
pourrait troubler cette union intime ,* il faudrait dire
aussi que la noix vomique , la coque du ' Levant
n’agissent pas en vertu de la strychnine , de la pi-
Cxo toxine qu'elles recèlent , mais bien par la réunion
intime de leur principe. Il faudrait dire aussi que
ce n’est pas le mercure rendu soluble qui agit dans
quelques maladies , mais une certaine réunion in-
time 5 en un mot, il faudrait prendre les médicamens
tels que la nature nous les offre , eft bannir les sciences chi¬
miques du sanctuaire de la Médecine. Mais en admettant
un principe actif dans un médicament, il nous semble
()) Voyez Dictionnaire des Sciences médicales y t. xly.
t '
.
( 3.6 5 )
qu'il est utile de l’obtenir et d’établir ses propriétés. 11
est telle circonstance où l’on sera heureux de pouvoir
l’administrer pur pour l’avoir dans toute son énergie.
11 est des cas où un malade ne, peut prcndre une once
de poudre ou un vçrre de liquide ; d’ailleurs, cette con¬
naissance du principe actif éclaire sur les préparations
pharmaceutiques des médicamens, fait connaître les
formules raisonnées , et les distingue de celles qui soù*
empyriques , absnrdcs et souvent dangereuses.
Du reste, espérons que quelque praticien habile , joi¬
gnant la prudence, à la/ sagacité , fera des recherches thé~*
rapeutiques sur les alcalis du quinquina, et donnera,
ainsi à notre travail une utilité médicale.
Extrait de l’ouvrage intitulé : Rechercl
rimentales sur les chaux de construction > les
bétons et les mortiers ordinaires ; et du Suppléa
ment inédit relatif à la fabrication des pouzw
la/ tes artificielles.
Pau M. Vicat,
Ingénieur des Ponts et Chaussées.
E’aut de fabriquer les cimens calcaires ou mortiers
se réduisait encore , il y a peu d années , à quelques;
règ| es-pratiques. déduites , il est vrai , d’une assez longue
expérience , mais insuffisantes , en ce qu’elles n’embras¬
saient qu’un petit nombre de cas hors, desquels on était
réduit à marcher au hasard , et à faire dépendre de.
chances fort inceruqinqs le succès des constructions le»